William Bourdon

William Bourdon exerce la profession d'avocat. Sa spécialité : la défense des droits de l'homme. Il a créé en 2001 l'association SHERPA qui défend les victimes de crimes commis par des opérateurs économiques. SHERPA regroupe des juristes qui offrent une assistance juridique, élaborent des plaidoyers et luttent contre les flux financiers illégaux.

Mettre au vert la Banque Européenne d’Investissement
[Manana Kochladze, 23/12/2011]

Mettre au vert la Banque Européenne d’Investissement Manana Kochladze est ingénieure au CEE Bankwatch Network, une ONG qui contrôle les institutions financières internationales actives en Europe centrale et de l’est. Elle a reçu le prix Goldman pour... Suite
La Microfinance : Un Catalyseur ?
[Tarun Khanna, 04/10/2011]

La Microfinance : Un Catalyseur ? Tarun Khanna est directeur de l’École pour l’Initiative Asie du Sud à l’Université de Harvard, professeur à l’École de Commerce de Harvard, et membre du conseil d’administration de SKS Microfinance.... Suite
Un remède français pour la malédiction des ressources
[George Soros, 15/06/2011]

Un remède français pour la malédiction des ressources George Soros, milliardaire et philanthrope, dirige le Fond de gestion Soros et l’Institut Open Society. Photo : © AFP PHOTO / ERIC PIERMONT Suite
Ces entrepreneurs qui changent le monde
[Bill Drayton, 09/02/2011]

Ces entrepreneurs qui changent le monde Bill Drayton est président-fondateur d’Ashoka, le plus grand réseau d’entrepreneurs sociaux dans le monde. Après avoir étudié à Yale et Harvard, il a été consultant chez McKinsey, professeur à la... Suite
Les défis de la société civile pour 2011
[William Bourdon, 05/01/2010]

Les défis de la société civile pour 2011 William Bourdon exerce la profession d'avocat. Sa spécialité : la défense des droits de l'homme. Il a créé en 2001 l'association SHERPA qui défend les victimes de crimes commis par des opérateurs... Suite
Microfinance et Catastrophes Naturelles
[Jacques Attali, 24/03/2010]

Microfinance et Catastrophes Naturelles Docteur d'Etat en Sciences économiques, Jacques Attali est diplômé de l'Ecole Polytechnique ; de l'Ecole des Mines ; de l'Institut d'Etudes Politiques et de l'Ecole Nationale de l'Administration.... Suite
Le double jeu des Etats insulaires
[Khadija Sharife, 27/02/2010]

Le double jeu des Etats insulaires Originaire d’Afrique du Sud, Khadija Sharife est à la fois journaliste, militante et chercheuse. Elle s’intéresse notamment aux questions financières liées à l’aide au développement. Elle participe... Suite
Walmart et la grande distribution vers la transparence écologique ?
[Daniel Goleman, 15/09/2009]

Walmart et la grande distribution vers la transparence écologique ? Daniel Goleman est un psychologue américain né en 1946, Diplômé de Harvard en psychologie clinique et développement personnel, il a publié en 2009 aux Etats-Unis Ecological Intelligence: How Knowing... Suite
La lutte contre les grandes surfaces est un combat pour la démocratie
[George Monbiot, The guardian, 10/08/2009]

La lutte contre les grandes surfaces est un combat pour la démocratie Célèbre journaliste d’investigation et éditorialiste au quotidien anglais The Guardian. George Monbiot est conseiller auprès de la BBC Wildlife magazine. Il est également l'auteur de best sellers... Suite
Environnement et entreprises, en finir avec les discours
[Dominique Bourg, 06/06/2006]

Environnement et entreprises, en finir avec les discours Dominique Bourg dirige le Centre de Recherche et d’étude interdisciplinaire sur le Développement Durable. Il enseignement à l’université de Troyes et à Sciences-Po Paris. Il fait partie du Conseil... Suite
L’Investissement socialement responsable
[Paul Hawken, 10/10/2004]

L’Investissement socialement responsable Célèbre écologiste, Paul Hawken est à la fois auteur, entrepreneur, consultant auprès des gouvernements et militant. Il cherche à transformer les relations entre le commerce et l’écologie. À l’âge de... Suite
Rapport 2005 sur les tendances de l’Investissement socialement responsable aux États-Unis
[Social Investment Forum, 01/01/2006]

Rapport 2005 sur les tendances de l’Investissement socialement responsable aux États-Unis Le Social Investment Forum (SIF) est une association qui se consacre au développement de l'investissement socialement responsable (ISR). Elle encourage l'investissement qui ne tient pas seulement... Suite

Les défis de la société civile pour 2011

05/01/2011 12:26 pm

Différents évènements ont été commentés ces dernières semaines dans la grande presse nationale et internationale. Des articles publiés notamment dans le Monde se sont interrogés sur la difficulté d’établir le lien de causalité entre le fameux médicament MEDIATOR et des décès aujourd’hui évalués à plusieurs centaines. Un autre s’est fait l’écho des recherches qui établiraient que ce qui est ingurgité par nos jeunes bambins quotidiennement serait parsemé de produits cancérigènes. Dans d’autres articles, des représentants d’ONG et des économistes inlassablement s’interrogent sur le fait de savoir si le concept de finance est recevable et crédible. D’aucuns se demandent même s’il ne s’agit pas d’un oxymore.

Il y a quelques semaines, une conférence internationale s’est tenue à Saint-Petersbourg pour essayer de sauver le tigre menacé gravement de disparition. La mobilisation de dizaines de millions de dollars est envisagée.

Chaque jour, c’est un florilège d’informations contradictoires qu’il nous faut déchiffrer, décoder. Notre exigence de professionnalisme et de lucidité n’est pas toujours suffisante pour éviter le piège de l’instrumentalisation et de la manipulation.

Les défis sont d’autant plus difficiles à relever tant les problèmes posés sont complexes, alors même que leur analyse est polluée par l’anxiété qu’ils génèrent. L’ensemble conduit à des simplifications catastrophiques pour l’esprit critique et la mobilisation citoyenne.

Pour mieux comprendre les enjeux, il faut rappeler quelques évidences.
On ne s’en souvient pas, mais jusque dans les années 1980, personne n’avait jamais demandé, ni osé demander, à une entreprise de s’occuper de l’intérêt général et des biens publics.

Aujourd’hui, fleurissent sur des sites internet des fleurons du CAC 40 ainsi que du stock-exchange, mais aussi à Frankfort et à Londres, mille engagements en faveur de la biodiversité et du développement durable…

Des grands opérateurs d’eau apparaissent parfois maintenant comme les meilleurs promoteurs d’un concept qui risque ainsi de se galvauder, celui de biens communs de l’humanité. Les éléments de langage de cette nouvelle propagande se sophistiquent. Ils sont de plus en plus séduisants et bien entendu il est tout aussi imbécile de les diaboliser que de les prendre pour argent comptant.

Un exemple : au moment même où des groupes pétroliers peuvent nous convaincre – il suffit de naviguer sur leur site internet –de leurs efforts sincères pour apparaître en quelque sorte – c’est à peine caricatural – comme des bienfaiteurs de l’humanité, on apprend que certains de ces mêmes groupes ont dépensé des dizaines de millions de dollars pour essayer de discréditer les climatologues qui n’ont eu de cesse ces dernières années de tirer la sonnette d’alarme face à la menace que fait peser sur la planète et les futures générations l’aggravation de l’effet de serre.

Le monde sera sauvé, chacun peut en convenir, par le fait que de plus en plus d’acteurs économiques et parmi eux les plus puissants intégreront dans leur stratégie industrielle, économique et financière, le fait que c’est en étant de plus en plus vertueux que l’on est de plus en plus rentable.

La vertu, aux 19 et 20ème siècles, pour une entreprise, c’était faire preuve de paternalisme, de construire un orphelinat ou une salle de sport.

Aujourd’hui, la vertu, c’est d’adapter sa stratégie de façon durable et sincère aux menaces qui pèsent sur la planète, menaces qui nous renvoient à notre propre fragilité. La vertu, c’est de façon authentique pour un acteur industriel ou financier de renoncer parfois à une profitabilité et à une rentabilité immédiate en assumant pleinement les conséquences de la co-responsabilité, que revendiquent ceux qui prétendent être les nouveaux sauveurs de la biodiversité. Il y a une contradiction intrinsèque entre la logique du capitalisme financier qui est de rechercher des retours sur investissement à court terme avec ce qu’implique le fait de prétendre être les nouveaux protecteurs de l’intérêt général, c’est-à-dire de renoncer à la tyrannie du retour à court terme sur investissement.

La difficulté pour les ONG, c’est de trouver un point équidistant intelligent face à une très grande hétérogénéité de comportements et d’agendas des acteurs industriels et a fortiori financiers.

Je suis de ceux qui considèrent que la recherche du dialogue et parfois du partenariat doit être explorée inlassablement et obstinément,sans fanatisme ni angélisme. Si, pour modifier le comportement de certaines entreprises, il faut accepter de prendre le risque de l’œuf et de la poule, l’important pour rester dans les images de gallinacées est de ne pas être trop souvent le dindon de la farce.

Les partenariats d’ONG-Entreprises ou les partenariats publics-privés sont l'illustration spectaculaire de cette difficile dialectique. L’expérience des juristes de l’association Sherpa nous enseigne que le pire et le meilleur se côtoient. Là où la voie est la moins escarpée, c’est évidemment en direction des entreprises du secteur tertiaire, c’est-à-dire celles qui ne fabriquent pas de marchandises et qui encore moins n’exploitent les ressources naturelles.

Plus on se rapproche des entreprises qui exploitent des ressources dans des Etats dénués de juges ou lorsqu’ils existent sont corrompus, plus la logique du dialogue et encore plus de partenariat est périlleuse, même si elle deviendra de plus en plus possible et souhaitable. Nous sommes nombreux à croire qu’il faut multiplier les partenariats pour faire en sorte que les ateliers du Bangladesh et d’Indonésie cessent le travail des enfants dans des conditions indignes, alors même que des ballons et des vêtements pour nos enfants.y sont fabriqués

Les entreprises du secteur textile, qui multiplient les engagements volontaires, doivent assumer ces engagements autrement qui en les psalmodiant, lors des assemblées générales annuelles, mais tout au long de la chaîne fournisseur, mais également en veillant à ce qu’ils soient respectés par leurs filiales et sous-filiales. Nous le savons, un autre obstacle se présente. Plus les acteurs économiques seront sous la tutelle des 500 acteurs financiers les plus puissants au monde, tels les HedgeFunds, moins leur réactivité éthique sera grande.

Si Total, Gap, Véolia, sont de plus en plus sensibles à leur image publique, Goldman Sachs et JP Morgan sont loin d’avoir aujourd’hui cette sensibilité. A nous, acteurs de la société civile, de concilier technicité, intégrité, humilité dans l’ambition, de naviguer dans cette pluralité. Nous serons d’autant plus crédibles et inattaquables dans nos compromis, voire dans nos concessions, que nous resterons fermes sur le cœur nucléaire de nos convictions.

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Les défis de la société civile pour 2011 par William Bourdon,

président de Sherpa

Texte - courtoisie de l'auteur

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