Yuliya Tymoshenko

Yuliya Tymoshenko a été à deux reprises Premier ministre de l’Ukraine. Elle est à l'heure actuelle la chef de file de l'opposition.

© AFP PHOTO /POOL

Pour une consultation nationale sur le nucléaire
[Olivier Blond, 06/03/2011]

Pour une consultation nationale sur le nucléaire Le rédacteur en chef du site GoodPlanet Info a créé la page écologie de Courrier International et participé à la création de l'émission Vu du Ciel sur France2. Photo Marianne Rozier. Suite
Fukushima n'arrêtera pas le développement de l’énergie nucléaire
[Bertrand Barré, 05/03/2012]

Fukushima n'arrêtera pas le développement de l’énergie nucléaire Ingé,ieur de formation, Bertrand Barré a travaillé au Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) et chez Areva, où il exerce encore les fonctions de conseiller scientifique. Il a publié en 2001 Le... Suite
Faire progresser l’interdiction des essais nucléaires
[Patricia Espinosa Cantellano, 13/12/2011]

Faire progresser l’interdiction des essais nucléaires Patricia Espinosa Cantellano est ministre des Affaires étrangères du Mexique. Suite
2012 : la révolution de l'énergie
[Arnaud Gossement, 19/09/2001]

2012 : la révolution de l'énergie Arnaud Gossement est avocat au Barreau de Paris en droit de l'environnement et de l'énergie, Docteur en droit, et Maître de conférences à Sciences Po Paris. Il a également été porte-parole de France... Suite
La signification de Tchernobyl
[Yuliya Tymoshenko, 26/04/2011]

La signification de Tchernobyl Yuliya Tymoshenko a été à deux reprises Premier ministre de l’Ukraine. Elle est à l'heure actuelle la chef de file de l'opposition.© AFP PHOTO /POOL Suite
Le coût humain de nos choix énergétiques
[New Scientist, 23/03/2011]

Le coût humain de nos choix énergétiques New Scientist est un magazine scientifique international hebdomadaire qui s'intéresse aux développements de la science et de la technologie. Il publie des articles sur les événements récents et les... Suite
Il est temps de débattre démocratiquement de l'avenir énergétique de notre pays
[Yann Arthus-Bertrand, 18/03/2011]

Il est temps de débattre démocratiquement de l'avenir énergétique de notre pays Yann Arthus-Bertrand est photographe, cinéaste, et écologiste. Il s’est toujours passionné pour le monde animal et les espaces naturels. En 1991, il fonde Altitude, première agence de photographie... Suite
Le coté obscur de l'énergie nucléaire
[Benjamin Sovacool, 16/03/2011]

Le coté obscur de l'énergie nucléaire Benjamin K. Sovacool, professeur à l’école Lee Kuan Yew d’administration publique de l’université de Singapour, est l’auteur de Contesting the Future of Nuclear Power (Remettre en cause l’avenir de... Suite
Fukushima = Tchernobyl ?
[Jean-Marc Jancovici, 16/03/2011]

Fukushima = Tchernobyl ? Jean-Marc Jancovici, né en 1962, est un ingénieur français, spécialiste dans le domaine de l'énergie et du climat, et consultant auprès de divers organismes publics et privés. Il est connu pour son... Suite
Toujours aucune donnée sur la contamination de l’air que respirent les populations
[CRIIRAD, 16/03/2011]

Toujours aucune donnée sur la contamination de l’air que respirent les populations La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) est une association loi de 1901 française agréée dans le cadre de la protection de l'environnement. Elle... Suite
Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande le retour en France des déchets radioactifs abandonnés par EDF en Russie
[Réseau "Sortir du nucléaire", 13/10/2009]

Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande le retour en France des déchets radioactifs abandonnés par EDF en Russie Le Réseau "Sortir du nucléaire" regroupe 842 associations opposées au nucléaire en France. Le Réseau est devenu une association loi 1901 en 1997 qui milite pour l'abandon du nucléaire en France.... Suite
EPR contre le pétrole cher : l'erreur nucléaire
[Réseau "Sortir du nucléaire", 14/07/2008]

EPR contre le pétrole cher : l'erreur nucléaire Le Réseau "Sortir du nucléaire" regroupe 842 associations opposées au nucléaire en France. Le Réseau est devenu une association loi 1901 en 1997 qui milite pour l'abandon du nucléaire en France.... Suite
Bilan 2001 des changements climatiques
[Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), 06/06/2001]

Bilan 2001 des changements climatiques La mission du Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, en anglais Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC) consiste à déterminer objectivement, clairement et sans... Suite
La situation catastrophique à Dounreay se fait jour: un argument de poids en faveur de la transparence
[George Monbiot, The guardian, 12/09/2006]

La situation catastrophique à Dounreay se fait jour: un argument de poids en faveur de la transparence Célèbre journaliste d’investigation et éditorialiste au quotidien anglais The Guardian. George Monbiot est conseiller auprès de la BBC Wildlife magazine. Il est également l'auteur de best sellers... Suite
Le petit guide de l’énergie nucléaire: un cycle de vie problématique
[David Fleming, 11/11/2007]

Le petit guide de l’énergie nucléaire: un cycle de vie problématique Analyste indépendant basé à Londres et spécialiste de l'impact du changement climatique sur l'économie de marché. David Fleming se fait connaître en 1996 par ses propositions pour un marché de quotas... Suite
Pourquoi le nucléaire ne peut pas être une source d'énergie importante
[David Fleming, 01/04/2006]

Pourquoi le nucléaire ne peut pas être une source d'énergie importante Analyste indépendant basé à Londres et spécialiste de l'impact du changement climatique sur l'économie de marché. David Fleming se fait connaître en 1996 par ses propositions pour un marché de quotas... Suite
Le nucléaire: un choix sûr
[James Lovelock, 12/07/2005]

Le nucléaire: un choix sûr James Lovelock, scientifique britannique de renom. Diplômé de chimie, médecine et sciences physiques, il travailla d’abord dans la recherche médicale, puis dans l’enseignement supérieur. Il a acquis... Suite

La signification de Tchernobyl

26/04/2011 11:18 am

Cela a commencé un jour de printemps gris et boueux, comme il y en a si souvent sur ma terre natale. Cela s’est terminé dans l’horreur et le deuil.

Bien sur, personne ne savait l’instant précis où la catastrophe allait frapper Tchernobyl il y a 25 ans. A l’époque, nous vivions dans un système qui refusait tout accès à l’information, y compris sur les faits et les évènements essentiels, aux gens ordinaires. Nous étions donc dans l’ignorance des fuites d’irradiation résultant de l’explosion du réacteur de Tchernobyl – et qui se propageaient dans le vent qui soufflait au dessus du nord de l’Europe.

Mais le fait le plus étrange au sujet du désastre de Tchernobyl, nous le savons maintenant, est que Mikhaïl Gorbatchev, le secrétaire général du Parti Communiste de l’Union Soviétique, n’était, lui non plus, pas au courant de l’ampleur du désastre. C’est peut-être d’ailleurs cela qui a finalement condamné le vieux système à la poubelle de l’histoire à peine cinq après. Aucun régime bâtit sur un aveuglement sans limite n’est capable de préserver une trace de légitimité une fois l’ampleur de cet aveuglement révélée.

Parce que peu d’informations fiables sont parvenues aux Ukrainiens ordinaires à l’époque, mes souvenirs de Tchernobyl sont naturellement flous. Je ne me souviens que des premiers chuchotements effrayés, étouffés, du désastre de la part d’un ami de la famille. Je me souviens de la peur odieuse que j’ai ressenti pour ma petite fille. Puis ce furent un torrent virtuel de rumeurs hystériques et une cascade d’histoires sur le désastre.

Tous ces souvenirs, bien sur, sont indélébiles. Mais même après 25 ans, je trouve difficile d’établir un lien entre ce que je sais vraiment du désastre aujourd’hui et ce que j’ai fini par savoir à l’époque.

Aujourd’hui, l’accident de Tchernobyl est jugé sévèrement à la fois en termes moraux et métaphysiques. Il a jeté l’humanité dans l’obscurité, une obscurité que nous n’avions pas connue depuis le largage des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki en 1945.

Cependant, et contrairement à la crise nucléaire de Fukushima au Japon, la vraie leçon de Tchernobyl n’a rien à voir avec la sécurité des centrales nucléaires – mais plutôt avec l’arrogance et l’indifférence officielles vis à vis de la souffrance et avec un culte du secret qui permet que l’information ne soit partagée que par une petite élite obsédée par la stabilité. Les conséquences d’un tel état d’esprit se rappellent aujourd’hui au souvenir des Ukrainiens – par un gouvernement qui a supprimé les allocations de santé aux hommes qui se sont battus héroïquement pour tenter de contenir le désastre de Tchernobyl.

Donc, quelle était l’origine de la négligence qui a caractérisé la gestion de la crise de Tchernobyl ? Qu’elle est la cause de l’arrogante indifférence pour la santé de ceux qui vivaient aux alentours de la centrale, pour ces hommes et femmes héroïques qui ont essayé de limiter les dommages (et que les responsables considèrent encore comme de simples pions), et pour les millions d’autres qui vivaient sous le nuage radioactif qui se déplaçait ?

L’indifférence du gouvernement est un état d’esprit étrange et anormal, dans lequel la frontière entre crime et punition, cruauté et compassion, bien et mal se confond. Ayant grandi en URSS, je sais que les dirigeants soviétiques ont fondé leur philosophie de gouvernement sur le mépris pour la souffrance et la morale. Les gouvernements irresponsables sont presque toujours inévitablement indifférents au sort de leurs concitoyens.

L’indifférence peut-elle jamais être une vertu ? Bien sur, en temps d’horreur comme l’Holocauste et le Holodomyr en Ukraine, les individus isolés et impuissants peuvent se draper dans l’indifférence pour préserver un soupçon de bon sens. Mais, même ainsi, elle ne peut jamais se justifier entièrement, et la culpabilité sans nom, obsédante sur laquelle Primo Levi a écrit de manière si émouvante s’ensuit invariablement.

C’est l’indifférence officielle, cependant, qui est véritablement impardonnable, peut-être parce que les responsables indifférents ne se sentent jamais coupables de ce sur quoi Levi a écrit. En effet, pour certains dirigeants politiques, l’indifférence est séduisante. Il est tellement plus facile de détourner les yeux que de s’atteler à la détresse des citoyens. Il est tellement plus facile – et souvent moins coûteux – d’ignorer les situations tragiques des individus que d’adapter sa politique à leurs besoins.

Pour le chef d’état qui tourne son dos à la souffrance, les citoyens de son pays n’ont pas d’importance. Leurs vies ne valent rien. Leur angoisse, qu’elle soit dissimulée ou même visible, ne vaut rien, le désespoir d’un numéro.

Une telle indifférence est plus dangereuse que la colère et la haine. La colère peut en fait être artistiquement et politiquement créative. Pouchkine a écrit certains de ses meilleurs poèmes sous la colère ; les grandes symphonies de Beethoven ont été écrites sous l’emprise d’émotions dévorantes ; et Nelson Mandela, Václav Havel, et Aung San Suu Kyi ont tous enduré l’emprisonnement parce qu’ils étaient en colère contre les injustices dont ils étaient les témoins.

L’indifférence, par contre, n’est jamais créative, car elle signifie qu’aucune réponse à l’injustice, et aucune aide à la souffrance, ne seront jamais proposées. C’est l’outil de gouvernements qui sont, en fait, l’ennemi de leur peuple, car elle ne bénéficie qu’au gouvernant – jamais à la victime, dont la peine est magnifiée par la négligence. Les prisonniers politiques, les enfant affamés, les réfugiés sans abris de Tchernobyl, ou les travailleurs irradiés qui nécessitent une aide médicale à vie – ignorer leur détresse, refuser quelque étincelle d’espoir revient à les exiler vers un monde ténébreux de vulnérabilité. Les responsables gouvernementaux qui nient la solidarité humaine de cette manière nient leur propre humanité.

Du fond de sa cellule de prison attendant son exécution par la Gestapo de Hitler, Dietrich Bonhoeffer avait déclaré que nous devions tous « partager la souffrance de Dieu, » L’indifférence pour Bonhoeffer n’était pas uniquement un péché mais aussi une forme de punition. C’est peut-être la leçon centrale de Tchernobyl : les gouvernements qui détournent systématiquement leur regard du sort de leurs concitoyens se condamnent eux-mêmes à terme.

[

La signification de Tchernobyl

par Yuliya Tymoshenko

Copyright: Project Syndicate, 2011.
www.project-syndicate.org
Traduit par Frédérique Destribats

]