Riccardo Petrella

Économiste italien, diplômé de l'université de Florence en Sciences politiques et sociales, Riccardo Petrella commence sa carrière par des recherches sur l'éducation et les Sciences Sociales. Très vite, il acquiert de la notoriété en participant la mise en place de programmes d'éducation ou à des recherches en sciences sociales. En 1991, il fonde le Groupe de Lisbonne, qui dénonce les inconvénients de la compétitivité. Puis, en 1997, il participe à la création du Comité pour un Contrat Mondial de l'Eau.

La demande croissante de métal nécessite une révision des pratiques de recyclage
[PNUE, 24/04/2013]

La demande croissante de métal nécessite une révision des pratiques de recyclage Créé en 1972, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE ou UNEP en anglais) est la plus haute autorité environnementale au sein du système des Nations Unies. Le Programme joue le rôle... Suite
Cessons de payer les pollueurs
[Connie Hedegaard, 05/04/2013]

Cessons de payer les pollueurs Connie Hedegaard est Commissaire européenne à l'Action pour le climat. Suite
Le risque environnemental pour la dette souveraine
[Achim Steiner, 27/10/2012]

Le risque environnemental pour la dette souveraine Achim Steiner est le directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE). Auparavant, il a exercé de hautes fonctions à la Commission mondiale des barrages puis à l'Union... Suite
La tarification progressive : une mystification autour d’une proposition vertueuse mais insuffisante
[Fondation pour la Nature et l'Homme, 05/09/2012]

La tarification progressive : une mystification autour d’une proposition vertueuse mais insuffisante Créée en 1990 par Nicolas Hulot, la Fondation pour la Nature et l'Homme (FNH) a pour objectif de modifier les comportements individuels et collectifs pour préserver notre planète. Organisation non... Suite
De la malédiction à la bénédiction des ressources
[Joseph E. Stiglitz, 06/08/2012]

De la malédiction à la bénédiction des ressources Joseph Eugene Stiglitz a reçu le prix Nobel d’économie en 2003. Il a travaillé pendant des années à la Banque mondiale. Il est aussi connu pour ses ouvragest : Quand le capitalisme perd la tête et La... Suite
Stop aux subventions à la pollution
[Fondation GoodPlanet, 27/06/2012]

Stop aux subventions à la pollution GoodPlanet, fondation reconnue d’utilité publique présidée par Yann Arthus-Bertrand, œuvre à la sensibilisation et à l’éducation du public à l’environnement. Son objectif est de mettre l'écologie au... Suite
Rio+20 : nous avons besoin que tous les emplois deviennent plus verts
[Simon Upton, 30/05/2012]

Rio+20 : nous avons besoin que tous les emplois deviennent plus verts Directeur de la Direction de l’environnement de l’OCDE Simon Upton a été ministre de Nouvelle-Zélande pour l’environnement, la recherche, la biosécurité, la santé et les services de l’État, entre... Suite
Mettre au vert la Banque Européenne d’Investissement
[Manana Kochladze, 23/12/2011]

Mettre au vert la Banque Européenne d’Investissement Manana Kochladze est ingénieure au CEE Bankwatch Network, une ONG qui contrôle les institutions financières internationales actives en Europe centrale et de l’est. Elle a reçu le prix Goldman pour... Suite
Le pétrole fait-il de nous des esclavagistes modernes ?
[Jean François Mouhot, 06/12/2011]

Le pétrole fait-il de nous des esclavagistes modernes ? Jean François Mouhot est historien. Il est l'auteur de “Des Esclaves Energétiques. Réflexions sur le changement climatique”. Ses travaux le poussent à se spécialiser dans l'histoire de... Suite
Un remède français pour la malédiction des ressources
[George Soros, 15/06/2011]

Un remède français pour la malédiction des ressources George Soros, milliardaire et philanthrope, dirige le Fond de gestion Soros et l’Institut Open Society. Photo : © AFP PHOTO / ERIC PIERMONT Suite
La différence entre les besoins et l’avidité
[Jeffrey David Sachs, 28/02/2011]

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[PNUE, 21/01/2011]

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De la croissance dans une économie bouddhiste
[Jeffrey David Sachs, 25/08/2010]

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Dette écologique en Afrique
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Vendre la peau du tigre pour le sauver
[Brendan Moyle, 02/06/2009]

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De quelque côté qu'on se tourne, les subventions sur les nouvelles voitures font plus de mal que de bien
[European Federation for Transport and Environment, 12/02/2009]

De quelque côté qu'on se tourne, les subventions sur les nouvelles voitures font plus de mal que de bien La Fédération Européenne du transport et de l’environnement (European Federation for Transport and Environment) a été fondée en 1990 et regroupe 49 organisations membres. Elle promeut un transport... Suite
Une « bonne planète » a besoin de nouveaux indicateurs de richesse
[Jean Gadrey, 02/04/2009]

Une « bonne planète » a besoin de nouveaux indicateurs de richesse Professeur émérite d'économie à l'Université de Lille 1, il est membre du CNIS (Conseil National de l'Information Statistique) et de la Commission Stiglitz, chargée de proposer de nouveaux... Suite
Une conservation à visage humain
[Jean-Michel Severino, 01/01/2008]

Une conservation à visage humain Jean-Michel Severino est, depuis 2001, Directeur général de l’Agence Française de Développement (AFD). Diplômé de l’École Nationale d’Administration et de l’Institut d’Études Politiques de Paris,... Suite
Les effets de la dénégation
[George Monbiot, 14/10/2008]

Les effets de la dénégation Célèbre journaliste d’investigation et éditorialiste au quotidien anglais The Guardian. George Monbiot est conseiller auprès de la BBC Wildlife magazine. Il est également l'auteur de best sellers... Suite
La nouvelle "conquête de l'eau"
[Riccardo Petrella, 06/03/2000]

La nouvelle "conquête de l'eau" Économiste italien, diplômé de l'université de Florence en Sciences politiques et sociales, Riccardo Petrella commence sa carrière par des recherches sur l'éducation et les Sciences Sociales. Très... Suite
Ecosystème et bien-être des populations: les zones humides et l’eau
[L’Évaluation des Écosystèmes pour le Millénaire, 28/05/2005]

Ecosystème et bien-être des populations: les zones humides et l’eau L’Évaluation des Écosystèmes pour le Millénaire (EM) est un organisme issu des Nations unies (2001). Elle a pour but de contribuer à l’amélioration du bien-être humain dans le cadre de la... Suite

La nouvelle "conquête de l'eau"

12/09/2008 10:31 am

Du 17 au 22 mars [2000] se tient à La Haye le 2e Forum mondial pour l’eau (…) organisé par le gouvernement néerlandais à l’initiative du Conseil mondial de l’eau (CME). (….) Il faut bien savoir ce qu’est ce CME mis en place en 1994 avec l’aide de la Banque mondiale, de certains gouvernements (France, Pays-Bas, Canada...) et d’entreprises (telle Suez-Lyonnaise des eaux).

En 1996 il se donna comme but de définir une "vision mondiale de l’eau" à long terme, devant servir de base d’analyses et de propositions pour une "politique mondiale de l’eau" dont la Banque mondiale (BM) s’est faite, ces dernières années, la promotrice, avec l’accord et la collaboration de l’ensemble des organisations de la famille des Nations unies directement concernées. Pour réaliser cet objectif, la Banque mondiale a également soutenu (…) la création du Global Water Partnership (GWP) ou "Partenariat global sur l’eau" dont la tâche est de favoriser le rapprochement entre autorités publiques et investisseurs privés.

L’or bleu du XXIe siècle

Les travaux du CME et du GWP n’ayant pas donné entière satisfaction, entre autres en raison de leur manque de coordination, en août 1998 est créée la Commission mondiale pour l’eau au XXI siècle, pour marquer l’urgence de faire avancer la fameuse "vision mondiale". À cette fin, la Commission a lancé une vaste consultation internationale sur une nouvelle version de la "Vision 2020", et a chargé le GWP d’accompagner ladite "vision" par un travail à finalité opérationnelle intitulé "Un cadre pour l’action".

La "vision" et le "cadre" en question sont présentés à La Haye. Les participants à la conférence ministérielle (plus de cent pays seront représentés) sont censés approuver une déclaration qui devrait assurer la légitimité de la "politique mondiale de l’eau" pour les quinze à vingt années à venir.

Comme on peut le constater, on a assisté au cours des années 1990 à la mise en place d’une sorte d’état-major mondial de l’eau. Même si, formellement, les entreprises privées sont seulement représentées dans ces différentes structures par le président de Suez-Lyonnaise des eaux (en tant que membre de la Commission) et de hauts responsables de Vivendi-Générale des eaux, le monde des affaires et de la finance est omniprésent par l’intermédiaire des "experts", qui, dans la plupart des cas, lui sont liés. Le capital privé est ainsi solidement installé dans les sphères de décision.

Quelles sont les thèses et les propositions qui vont être présentées et, si possible, imposées à La Haye? À la lumière des documents provisoires disponibles à la veille de l’ouverture des travaux, elles s’inscrivent dans le cadre de cette nouvelle "conquête de l’eau" menée, depuis le début des années 1970, à partir de trois principes constituant autant de dynamiques: la marchandisation, la privatisation et l’intégration oligopolistique mondiale entre les divers secteurs: eau potable, eau en bouteille, traitement des eaux, boissons gazéifiées. Et ce, dans un contexte de luttes pour l’hégémonie des marchés et de conflits entre États.

Pour l’état-major mondial de l’eau, il est nécessaire que cette dernière soit traitée comme un bien économique, au prétexte que c’est la seule manière de lutter efficacement contre la pénurie et l’augmentation rapide de son prix. L’eau est devenue chère, et elle le sera encore plus à l’avenir, ce qui en fera l’"or bleu" du XXIe siècle.

Selon le projet de déclaration ministérielle, seule la fixation d’un prix de marché au coût total des prestations fournies (le prétendu "juste prix") pourra assurer l’équilibre entre l’offre et une demande en forte croissance, et limiter ainsi les conflits entre paysans et citadins ; entre agriculteurs et industriels, et écologistes et consommateurs responsables ; entre régions "riches" et "pauvres", entre États appartenant aux mêmes bassins hydrographiques. Dès lors, exporter et commercialiser l’eau selon les règles du libre commerce et dans le cadre de la libre concurrence permettrait non seulement de faire (beaucoup) de bénéfices, mais aussi d’éliminer les conflits!

Tels sont les ingrédients principaux de la "gestion intégrée des ressources d’eau" (IWRM), proposée par le GWP comme concept clé des politiques à mener aux différents niveaux territoriaux d’intérêt et de compétence. La privatisation de l’ensemble des services (captation, épuration, distribution, conservation, traitement) se conjugue parfaitement avec la démarche de l’IWRM: assurer la gestion rationnelle d’une ressource rare par la "juste" rémunération de l’investissement, ce qui permettrait - nous dit-on - de réduire les gaspillages et de lutter contre la pollution et la contamination. Dans cette perspective, la gestion publique directe se révélerait de plus en plus inadéquate et inefficace. Il conviendrait donc de la transférer aux entreprises privées, notamment selon le modèle français de la gestion déléguée.

Cette politique est en parfaite cohérence avec la déréglementation et la privatisation - en cours de généralisation rapide à travers le monde - des services publics de base: gaz, électricité, transports urbains, télécommunications, poste.

Certes, concède-t-on, il faut aussi tenir compte des aspects sociaux, culturels et éthiques. (…) D’où la place importante occupée par les discours sur l’éthique dans les documents préparatoires et dans le programme des manifestations du Forum mondial. Mais lorsqu’il a fallu choisir entre la qualification de l’accès à l’eau comme un droit humain et social de base, plutôt que comme un besoin humain de base, les rédacteurs du projet de la déclaration ministérielle ont opté pour la notion de besoin. De leur point de vue, considérer l’eau comme un droit aurait entraîné des obligations et des restrictions trop contraignantes pour la "liberté" des acteurs, notamment privés.

La marchandisation débouche sur la troisième dynamique, moins avancée que les deux précédentes, de la nouvelle "conquête de l’eau": l’intégration entre tous les secteurs, dans le cadre d’une lutte pour la survie et l’hégémonie au sein de l’oligopole mondial.

Chacun de ces secteurs - eau potable, eau en bouteille, boissons gazéifiées, traitement des eaux usées - a pour l’instant ses acteurs, ses métiers, ses marchés, ses conflits. L’eau potable (les "robinets"), par exemple, a Vivendi, Suez-Lyonnaise des eaux, Thames Water, Biwater, Saur-Bouygues (et leurs filiales). L’eau (minérale) en bouteille a surtout Nestlé et Danone, respectivement numéro un et deux mondiaux, largement au-dessus des autres embouteilleurs.

Or ces derniers, parmi lesquels Coca-Cola et Pepsi-Cola, deviennent des concurrents des "robinets" par le développement et la commercialisation - même par des bornes-fontaines - d’une eau dite de synthèse, purifiée, se voulant plus saine que celle du robinet.

De leur côté, les entreprises de service d’eau potable sont de plus en plus présentes dans le traitement des eaux usées et commencent à s’intéresser, par ce biais, aux eaux de synthèse et aux eaux purifiées. Elles pourraient, à l’avenir, vouloir se tailler des marchés dans le secteur des boissons gazéifiées, dont les "empereurs-gardiens" sont Coca-Cola et Pepsi-Cola. L’émergence de conglomérats "multi-utilities" à l’échelle mondiale ne fera qu’accélérer les logiques d’intégration et d’affrontement, si les pouvoirs publics nationaux et internationaux abandonnent l’eau aux "lois" du marché et de la concurrence.

Un bien patrimonial

Que restera-t-il, dans ces conditions, du droit à la vie qu’est le droit d’accès à l’eau pour toute personne et toute communauté humaine? Que restera-t-il aussi de l’intérêt général de la collectivité et de la cohésion sociale et territoriale?

Certes, l’étatisation de l’eau par des pouvoirs publics dictatoriaux, expansionnistes, militaristes ou corrompus est autant à rejeter que la marchandisation, la privatisation et l’intégration oligopolistique mondiale.

C’est pourquoi il est urgent de définir et de mettre en place, par un contrat mondial, un nouveau service public, aux différents niveaux territoriaux, de ce bien commun patrimonial de l’humanité. (…). Se réapproprier des connaissances, des savoir-faire, des métiers, des technologies, des capacités d’évaluation des choix devient indispensable et requiert une forte mobilisation des citoyens…

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Riccardo PETRELLA
Le Monde Diplomatique
Mars 2000

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