François Ramade

Ingénieur agronome, docteur ès sciences, François Ramade est professeur émérite de l'université Paris-Sud (Orsay). Il est ancien président de la Société nationale de protection de la nature, président honoraire de la Société Française d'Écologie et membre d'honneur de l'Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources. Il exerce également des fonctions d’expert auprès du Programme des Nations unies pour l'environnement. A publié de nombreux ouvrages académiques, en particulier un Traité d'Écologie en deux volumes (Éléments d'Écologie) édité par Édiscience International.

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Gestion des espaces protégés : le problème de l’intégration aux sociétés indigènes et de leur délimitation
[François Ramade, 06/06/2005]

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Gestion des espaces protégés : le problème de l’intégration aux sociétés indigènes et de leur délimitation

17/09/2008 3:51 pm

À l’exception des pays anglo-saxons et scandinaves ainsi que des parties de l’ex-URSS où la population d’origine européenne est dominante, les aires protégées ne sont généralement pas perçues avec un état d’esprit favorable par les populations locales, mais au contraire comme une contrainte imposée par les pouvoirs publics.

À l’exception des pays anglo-saxons et scandinaves ainsi que des parties de l’ex-URSS où la population d’origine européenne est dominante, les aires protégées ne sont généralement pas perçues avec un état d’esprit favorable par les populations locales, mais au contraire comme une contrainte imposée par les pouvoirs publics. Cet état de fait est quasi systématique dans les pays du Tiers-monde, plus particulièrement en Afrique, et aussi bien souvent en Europe méditerranéenne où les zones protégées sont trop souvent perçues comme destinées à l’usage des touristes étrangers sans aucune contrepartie pour les habitants (Speedy, 1998). En conséquence, le braconnage y sévit à degrés divers, de même que la coupe illégale de bois, parfois même la prospection et l’exploitation frauduleuse des minéraux. Pis encore, on peut même déplorer l’installation illégale de paysans qui défrichent les terres dans diverses réserves d’Afrique ou d’Amérique latine.

L’insuffisance du gardiennage et l’absence d’associations bénévoles dédiées à la conservation et à l’intéressement matériel des populations rurales riveraines dans les zones protégées explique une partie des difficultés précédentes (Peres et Terborgh, 1995).

Par ailleurs, de nombreux parcs nationaux et autres réserves analogues tant dans les pays tempérés que dans les pays du Tiers-monde sont d’une surface insuffisante pour assurer dans le long terme l’entretien des populations de grands mammifères sédentaires qui y vivent. Ainsi, aux États-Unis, même le parc National de Yellowstone, malgré son importante surface, ne pourrait actuellement répondre à ces objectifs de préservation de certaines grandes espèces de vertébrés compte tenu de leurs migrations hors du parc (Wilcove et May, 1986).

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François RAMADE
Éléments d’écologie (Éd. Dunod), p.721-722
2005

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