L’eau n’est pas une marchandise, c’est le bien commun de l’Humanité et du Vivant
[France Libertés - Fondation Danielle Mitterrand, 10/03/2012]

L’eau n’est pas une marchandise, c’est le bien commun de l’Humanité et du Vivant Créée en 1986 par Danielle Mitterrand afin de construire un monde plus juste et plus solidaire dans lequel chacun puisse exercer sa liberté dans le respect de l’autre, la Fondation France Libertés a... Suite
Vers une gouvernance mondiale de l’eau pour sortir de la spirale de l’échec
[Emmanuel Poilane, 29/02/2012]

Vers une gouvernance mondiale de l’eau pour sortir de la spirale de l’échec Après des études d’expertise comptable, Emmanuel a passé 17 années sur le terrain du développement dans 6 pays africains en tant que volontaire, coordinateur puis responsable de programmes pour... Suite
Rebâtir le réseau d’irrigation de l’Afghanistan
[FAO, 14/02/2012]

Rebâtir le réseau d’irrigation de l’Afghanistan L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO, Food and Agriculture Organisation of the United Nations) a été créée en 1945 , son siège est à Rome depuis 1951. Elle... Suite
Faire progresser l’interdiction des essais nucléaires
[Patricia Espinosa Cantellano, 13/12/2011]

Faire progresser l’interdiction des essais nucléaires Patricia Espinosa Cantellano est ministre des Affaires étrangères du Mexique. Suite
Famine et espoir dans la corne de l’Afrique
[Jeffrey David Sachs, 31/07/2011]

Famine et espoir dans la corne de l’Afrique Jeffrey David Sachs est un éminent économiste américain. Il est Directeur de l'Earth Institute, professeur de développement durable, et professeur de politique et de gestion de la santé à... Suite
Exploitation forestière et violences en République Démocratique du Congo
[Greenpeace, 22/07/2011]

Exploitation forestière et violences en République Démocratique du Congo La célèbre organisation internationale de défense de l’environnement, fondée en 1971, est présente et active dans 40 pays. Elle compte aujourd'hui près de 3 000 000 d'adhérents répartis à travers le... Suite
Un remède français pour la malédiction des ressources
[George Soros, 15/06/2011]

Un remède français pour la malédiction des ressources George Soros, milliardaire et philanthrope, dirige le Fond de gestion Soros et l’Institut Open Society. Photo : © AFP PHOTO / ERIC PIERMONT Suite
Une invitation à aimer le futur
[Virginie Raisson, 14/04/2011]

Une invitation à aimer le futur Virginie Raisson dirige le LÉPAC, un laboratoire privé et indépendant de géopolitique et prospective. De 1999 à 2008, elle a été membre du Conseil d’administration de Médecins Sans Frontières, en... Suite
De la clarté sur les diamants
[Peter Singer, 11/11/2010]

De la clarté sur les diamants Peter Singer enseigne la bioéthique à l’université de Princeton. Il est aussi Professeur Laureate à l’université de Melvourne. Ses ouvrages récents : Animal Liberation (La libération animale),... Suite
Agent Orange une aumône pour les victimes du plus grand écocide de l’histoire de l’humanité
[André Bouny, 01/08/2010]

Agent Orange une aumône pour les victimes du plus grand écocide de l’histoire de l’humanité Dès ses études en odontologie à Paris, André Bouny s'engage contre la guerre du Viêt Nam. Plus de trente après il publie en 2010 Agent Orange Apocalypse Viêt Namn, un ouvrage qui revient sur les... Suite
Les eaux de la discorde entre la Chine et l'Inde
[Brahma Chellaney, 08/08/2009]

Les eaux de la discorde entre la Chine et l'Inde Brahma Chellaney est professeur d'études stratégiques au Centre de recherche politique à New-Delhi. Suite
Les jours du Jourdain sont-il comptés ?
[Les Amis de la Terre, 18/09/2008]

Les jours du Jourdain sont-il comptés ? Active dans 72 pays et supportée par un million de membres, les Amis de la Terre est une ONG de défense de l’Homme et de son environnement. Elle œuvre pour des sociétés durables au Nord comme au Sud... Suite
Garantir l'eau pour tous, c'est protéger la paix
[Project Syndicate, 01/01/2007]

Garantir l'eau pour tous, c'est protéger la paix Project Syndicate est une association à but non lucratif rassemblant 404 organes de presse répartis dans 148 pays. L'une de ses premières missions est de renforcer l'indépendance éditoriale et... Suite
Quel espoir pour les Congolais et leur environnement ?
[Alec Crawford, 01/12/2008]

Quel espoir pour les Congolais et leur environnement ? est chargé de projet pour l'Institut international pour le développement durable (IIDD ou IISD en anglais), une organisation sans but lucratif créée en 1990 à l'initiative du gouvernement canadien.... Suite
Le rôle du secteur privé dans la consolidation de la paix après les conflits peut être crucial en bien ou en mal
[Kofi Annan, 15/04/2004]

Le rôle du secteur privé dans la consolidation de la paix après les conflits peut être crucial en bien ou en mal Kofi Annan fut le septième Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies et le premier à sortir des rangs du personnel. Il a entamé son premier mandat le 1er janvier 1997. Le 29 juin 2001,... Suite
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[IUCN, 12/08/2006]

La marée noire libanaise menace les oiseaux migrateurs et la vie marine IUCN: Fondée en 1948, l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), aussi appelée Union mondiale pour la nature, réunit 81 États, 120 agences gouvernementales, plus de 800 ONG et... Suite

Exploitation forestière et violences en République Démocratique du Congo

28/07/2011 3:15 pm

Chargé de campagne pour Greenpeace International René Ngongo rapporte un épisode de violences qui ont opposé, en 2011, des communautés villageoises à des entreprises forestières au cœur des forêts congolaises.

Je vous écris depuis Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC). Je suis partagé entre la colère et l’amertume depuis que j’ai appris l’incroyable violence qui s’est encore une fois déchaînée au cœur des forêts congolaises. Au matin du 2 mai, c’est une véritable expédition punitive qui a été menée par des représentants de la police et de l’armée contre les habitants d’un village, dans le territoire de Bumba au nord de la province de Équateur. Plus tôt, des villageois s’étaient révoltés contre la compagnie d’exploitation du bois SIFORCO, filiale congolaise du groupe Suisse Danzer.

En avril, les villageois de la communauté Yalisika, du territoire de Bumba, ont protesté contre la SIFORCO, l’accusant de n’avoir pas respecté ses engagements (pris en 2005 – revus en 2009) de fournir à la communauté des services et infrastructures en échange de l’exploitation de leurs forêts. Face à la protestation de la communauté, la SIFORCO a fait appel aux autorités locales et à la force publique.

Soixante hommes sont alors descendus dans le village de Yalisika. Les informations récoltées par Greenpeace font état d’un bilan extrêmement choquant. Un villageois est décédé –Monsieur Frédéric Moloma Tuka- et plusieurs femmes ont été violées, dont des mineures. Plusieurs autres personnes ont été tabassées, tandis que 16 personnes étaient arrêtées et emmenées pour être emprisonnées dans la ville de Bumba.
Plusieurs sources confirment que la police et les militaires ont été amenés jusqu’au village à bord d’un camion de la SIFORCO, qui a aussi été utilisé pour le transport des détenus vers la prison de Bumba. Plusieurs témoignages convergent également et attestent que suite à cette attaque des forces de l’ordre, alors que les détenus étaient en transit entre Yalisika et Bumba, le camion s’est arrêté sur le chantier de la SIFORCO, où le chef de chantier a été vu en train de payer les policiers et les militaires. (Voir le résumé du rapport de Greenpeace)

Dès que Greenpeace a eu connaissance de ces faits, notre équipe s’est rendue sur place avec des membres du réseau d’ONGs congolaises RRN (Réseau Ressources Naturelles) pour mieux comprendre ce qui s’était passé. Cette mission a consulté sur place des témoins directs, le corps médical, les autorités locales, qui ont tous donné la même version des évènements. Greenpeace avait révélé les premiers détails de cette affaire lors d’une conférence de presse à Kinshasa.

Yalisika est localisé dans le territoire de Bumba, dans le bassin du Congo, qui abrite la seconde plus importante forêt tropicale du monde après la forêt amazonienne, et dont une grande partie se situe en République Démocratique du Congo (RDC). Cette forêt fournit nourriture, médicaments et de nombreux autres services de base à plus de 40 millions de congolais. Ces forêts sont aussi inestimables pour leur biodiversité et leur rôle dans la régulation du climat. Elles sont malheureusement sous la menace notamment de compagnies d’exploitation industrielle du bois, la plupart du temps étrangères, qui pillent en toute impunité cette importante ressource de la RDC- et rapatrient les profits en Europe ou en Asie.

Non seulement l’industrie forestière cause de graves dommages environnementaux – dont la destruction des derniers blocs de forêts intactes, mais les opérations d’exploitation du bois conduisent aussi souvent à de très graves conflits sociaux. Les communautés forestières et les peuples autochtones continuent d’être totalement exclus des décisions concernant l’utilisation de leurs forêts. L’exploitation forestière en RDC est souvent caractérisée par l’utilisation de la violence de la part de forces de sécurité appelées dans des villages qui osent revendiquer, et les droits de l’homme sont ainsi souvent bafoués. Greenpeace a déjà documenté et révélé par le passé de tels scandales, et répété cet avertissement : dans un tel contexte, toute expansion de l’exploitation industrielle du bois dans les forêts de RDC ne fait qu’exacerber les conflits sociaux et la destruction de l’environnement.

Dans les années passées, des tragédies comme celle de Yalisika ont trop souvent eu lieu dans les forêts congolaises, avec arrestations arbitraires, viols et tabassages. En 2010, Greenpeace a ainsi révélé un conflit entre la compagnie SODEFOR (une filiale congolaise du groupe NST basé au Liechtenstein) et un village du territoire d’Oshwe, dans la province du Bandundu. Le conflit n’est toujours pas réglé. En septembre 2010, une partie de la population d’Oshwe manifestait et scandait « TOBOYI SODEFOR ! » (Dehors la SODEFOR!). Et plus récemment, la SODEFOR était impliquée dans un nouveau conflit avec une communauté forestière.
L’histoire de la communauté Yalisika a été fortement couverte par les médias en RDC, et j’espère que ce n’est que le début. Les crimes commis ne doivent pas rester impunis. Ces villageois ne doivent pas être oubliés. Toute la justice doit être faite face à ces graves violations des droits de l’homme. Les responsables doivent être identifiés et sanctionnés.
En l’absence de l’État et face à son manque total de moyens, avec des lois forestières qui sont peu ou pas appliquées, les compagnies forestières opèrent sur le terrain comme un véritable État dans l’État.

La tragédie de Bumba le prouve encore une fois. Nous sommes très loin de la soi disant « gestion durable des forêts » vantée par les bailleurs de fonds (au premier rang desquels la Banque mondiale et les agences de coopération, comme celles de l’Allemagne, de la France ou des Pays-Bas), par le gouvernement congolais et ses partenaires. Quand je pense que ces compagnies, SODEFOR et SIFORCO, cherchent à se promouvoir avec le précieux label FSC, la certification « bois durable » (Forest Stewardship Council) je suis encore plus révolté. Comment peut-on parler d’exploitation durable sur un tel fond de violence, sans même parler de la destruction de larges blocs de forêts intactes ? Dans un tel contexte, personne ne peut soutenir que l’industrie forestière est une solution pour un réel développement durable, pour les forêts et le climat.

Alors maintenant, que faire? D’abord il faut que justice soit rendue. Ensuite, il faut que les bailleurs de fonds et leurs autres partenaires stoppent leur soutien aux compagnies comme la SIFORCO et la SODEFOR. Il est urgent que les bailleurs de fonds et que le gouvernement de RDC troquent leur soutien à cette industrie destructrice, pour un engagement en faveur d’alternatives qui favorisent vraiment la protection du climat, et de la biodiversité, ainsi qu’un réel développement durable pour les 40 millions de congolais qui dépendent de leurs forêts pour vivre. »

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Exploitation forestière et violences en République Démocratique du Congo
par René Ngongo, chargé de campagne pour Greenpeace International

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