New Scientist
New Scientist est un magazine scientifique international hebdomadaire qui s'intéresse aux développements de la science et de la technologie. Il publie des articles sur les événements récents et les nouvelles issues de la communauté scientifique, ainsi que des articles de prospective qui peuvent être tout aussi bien techniques que philosophiques.
Fondé en 1956, le magazine est publié par Reed Business Information, une filiale de Reed Elsevier. Il est basé à Londres et possède une édition britannique, américaine et australienne.
New Scientist n'est pas une revue à comité de lecture, mais il est beaucoup lu à la fois par des scientifiques et des non-scientifiques qui peuvent ainsi prendre connaissance des développements de la science hors de leurs propres domaines d'intérêt. Un grand nombre des articles scientifiques qui paraissent dans la presse généraliste sont basés sur des contenus publiés dans le magazine.
Débat autour de l'étude liant OGM et cancer chez le rat
21/09/2012 3:20 pm
La récente étude de l'équipe de Gilles-Eric Séralini montrant une relation entre OGM et cancer chez le rat relance le débat sur les effets toxiques des OGM sur la santé. Trop peu d'études scientifiques indépendantes existant à ce jour sur ce point, cette publication est importante. Cependant, et comme on pouvait s'y attendre, ces travaux ne font pas l’unanimité dans le monde scientifique. Le New Scientist présente les principales critiques qui lui sont faites.
Les chercheurs de l’université de Caen menés part Gilles-Eric Séralini ont annoncé cette semaine avoir détecté divers problèmes de santé chez des rats nourris de maïs OGM résistant à l’herbicide Roundup. Ils ont également trouvé des problèmes de santé similaires chez des rats nourris directement avec l’herbicide. Les chercheurs affirment que les rongeurs ont souffert de dérèglements hormonaux et ont connu des tumeurs mammaires plus nombreuses et de taille plus importante à un stade plus jeune de leur vie que les rats ayant un régime alimentaire non-modifié génétiquement. Les rats nourris aux OGM ou aux pesticides sont aussi morts plus tôt. Cette sorte de maïs génétiquement modifié représente plus de la moitié des cultures américaines, mais l’équipe française affirme que c’est la première fois que cette variété de maïs était testée sur toute la durée de vie d’un rat. (Food and Chemical Toxicology, DOI : 10.1016/j.fct.2012.08.005)
Les résultats sont-ils fiable ?
Il n’y a que peu d’évidence suggérant qu’ils le soient. Tom Sanders, qui dirige les recherches nutritionnelles du King’s College à Londres, affirme que la race de rats utilisés par l’équipe française est sujette aux tumeurs mammaires, tout particulièrement lorsqu’on les nourrit d’une quantité illimitée de nourriture ou de maïs contaminé par un champignon commun qui cause un dérèglement hormonal ou encore quand simplement ils vieillissent. Il n’y avait pas de données sur la consommation de nourriture ou de tests sur la présence champignons dans le maïs, donc il n'est pas possible de savoir si ces facteur ont joué un rôle.
Les rats témoins n’ont-ils cependant pas été plus malades que les rats traités ?
Certains l’ont été, mais ce n’est pas le fin mot de l’histoire. Ce n’est pas que les rats nourris de maïs génétiquement modifiés ou d’herbicide ont eu des tumeurs et que les autres n’en n’ont pas eu. Cinq des rats témoins sur 20 – 25% – ont eu des tumeurs et sont morts, alors que 60% dans « certains des groupes tests » qui ont mangé du maïs génétiquement modifié sont morts. D’autres groupes tests étaient cependant en meilleure santé que les groupes témoins.
Les toxicologistes utilisent sur ce type de données un outil mathématique standard, appelé écart-type, afin de déterminer si la différence obtenue correspond à celle à laquelle on s’attendrait d’une simple variation aléatoire ou si elle peut être considérée comme significative. L’équipe française n’a pas présenté ces tests dans la publication de cette semaine. Ils ont utilisé une analyse compliquée et non conventionnelle, une astuce statistique («statistical fishing trip»), note Sanders.
Anthony Trewavas de l’université d’Edinburgh, Grande-Bretagne, ajoute que dans tous les cas, il devrait y avoir au moins autant de rats témoins que de rats testés – il n’y avait que 20 rats témoins pour 80 rats testés – afin de montrer la variabilité d’apparition des tumeurs. Sans ces contrôles additionnels, « ces résultats n’ont pas de valeurs », affirme-t-il.
Hormis les statistiques, il y a t-ils d’autres problèmes ?
Oui. Des tests similaires ont été réalisés par le passé, plus rigoureusement, et n’ont trouvé aucun effet d’une alimentation génétiquement modifiée sur la santé. L’équipe française déclare être la première a tester l’impact des OGM sur toute la durée de vie de l’animal. Cependant, « la plupart des études toxicologiques sont interrompues à la fin de la durée de vie moyenne des animaux – 2ans », et cela a été le cas de cette étude, note Sanders. « L’immortalité n’est pas une alternative ». Ces tests n’ont pas trouvé cet effet.
De plus, l’équipe prétend observer les mêmes effets toxiques que ce soit pour le RoundUp ou le maïs génétiquement modifié : que la plante contienne de l’herbicide ou non. Il est difficile d’imaginer un mécanisme permettant à l’herbicide d’avoir exactement les mêmes effets toxiques qu’une modification génétique donnant au maïs un gène pour une enzyme qui détruit l’herbicide.
Est ce que le fait de paraître improbable implique que les résultats ne sont pas valides ?
Pas nécessairement. Cependant ce qui est encore plus accablant d’une perspective pharmacologique, c’est que l’équipe a trouvé le même effet pour toutes les doses d’herbicide et de maïs génétiquement modifiés. C’est inhabituel, puisque presque tous les effets toxiques empirent en fonction de la quantité, ce qui est considéré indispensable pour démontrer qu’un agent est la cause de l’effet.
Même la plus petite dose que l’équipe a appliquée a eu des effets présumés sur les rats. Ceci est parfois constaté avec d’autres agents toxiques. L’équipe suggère que les effets commencent a être visibles pour des doses très faibles, qu’ils atteignent leur ampleur maximum immédiatement, et qu'ils restent inchangés à des doses plus élevées.
Il se pourrait cependant plus simplement que le maïs génétiquement modifié ainsi que l’herbicide n’aient pas eu d’effet mesuré et que ce soit donc la raison pour laquelle la quantité n’a pas fait de différence « Ils montrent que les rats âgés ont des tumeurs et meurent », note Mark Tester de l’université d’Adélaide, Australie. « C’est tout ce qui peut être conclu. »
Pourquoi est-ce que des scientifiques font cela ?
Ce groupe de recherches est depuis longtemps opposé aux OGM. En 2010, ils prétendaient avoir trouvé des évidences de toxicité dans des tests que le géant des OGM Mosanto avait réalisés sur son propre maïs résistant au RoundUp. D’autres toxicologistes, en revanche, ont affirmé que les données supposée accablantes révélaient seulement des fluctuations insignifiantes dans la physiologie de rats normaux.
Le blogger français Anton Suwalki, qui milite contre la pseudoscience, a une longue liste de réclamations à l’encontre de ce groupe, qui inclus ce qu’il appelle des « statistiques fantaisistes ».
Qui a financé le travail de recherche ?
Le groupe de recherche était financé par le Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie GENétique, CRIIGEN, basé à Paris en France. L’auteur principal de la recherche, Séralini, est à la tête de son conseil scientifique qui s’engage « à faire tous les efforts pour lever le voile sur le secret qui entoure les expériences du génie génétique et les cultures génétiquement modifiés (OGM), toutes deux susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement et ou la santé ».
Ne réalisent-ils pas que d’autres chercheurs critiquent leurs méthodes ?
Peut-être. La publication est supposée avoir été revue par d’autres chercheurs avant d’être publiée. L’équipe a cependant refusé d’autoriser les journalistes à montrer la publication à d’autres chercheurs avant que les dépêches ne partent.
A lire sur le sujet
Dépêche : Toxicité "alarmante" pour des rats nourris avec un maïs OGM, selon une étude.
Vidéo : Une étude choc relance le débat sur la toxicité des OGM.
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Qui se souvient de Pusztai ? Qui se souvient d' Arpas Pusztai? Lui, qui avait fait des tests pour prouver l'inocuité d'OGM, et qui avait été mis à la porte, avec saisi du résultat de ces tests, de ces ordinateurs, et pression pour qu'il ne publit pas les résultats, ceux ci se révélant négatifs pour la culture des OGM.Regardez sur wikipédia ,c'est terrifiant. ou sur http://www.ogmdangers.org/enjeu/alimentaire/Pusztai.htm |
| walter benjamin |
La malhonnêteté des critiques éclate au grand jour! Ce qui qui est reproché à Seralini ne tient pas debout et est bien la preuve de la malhonnêteté de ces gens: " Il reproché à cette étude de porter sur un trop petit nombre de rats: des groupes de 10 rats soumis à des traitements différents, et sur une race de rats qui a tendance plus que d'autres à développer des tumeurs. TOUTES les études du monde sont faites là-dessus (des échantillons de 10, ndlr). Le NK 603 a été autorisé sur cette base. Si on ne peut pas tirer de conclusions il faut aussi tout de suite interdire tous les OGM», répond Seralini qui ajoute que «la pomme de terre OGM de BASF a été autorisée avec des tests sur CINQ RATS! |
| Bernard Dubois |
Débat autour de l'étude liant OGM et cancer chez le rat Une réaction à la lecture de cet article en 3 points: 1/ dans un débat qui fait polémique, toujours se poser la question: "Quels sont les intérêts/motivations des intervenants?" 2/ pour approfondir cette question lire l'excelent ouvrage "Les marchands de doute" de Naomi Oreskes et Erik M. Conway, 3/ enfin garder à l'esprit cette injonction pronée par de nombreuses traditions de sagesse: "Pense d'après toi-même!" Bonne journée à toutes et tous. |
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