Edgar Morin

Edgar Morin est un sociologue et philosophe français. Il a écrit, entre autres, “Pour entrer dans le XXIe” (Seuil, 2004)

L’énergie solaire hors réseau : et la lumière fut pour les pauvres de la planète
[Carl Pope, 04/01/2011]

L’énergie solaire hors réseau : et la lumière fut pour les pauvres de la planète Carl Pope est l'ancien directeur du Sierra Club, l'une des plus anciennes associations écologistes des Etats-Unis. Il a notamment oeuvré en faveur d'une meilleure qualité de l'air aux Etats-Unis. ... Suite
Remettre les paysans au cœur du monde

[Yann Arthus-Bertrand, 30/11/2011]

Remettre les paysans au cœur du monde
 Yann Arthus-Bertrand est photographe, cinéaste, et écologiste. Il s’est toujours passionné pour le monde animal et les espaces naturels. En 1991, il fonde Altitude, première agence de photographie... Suite
La solution de l’éducation
[Mahmoud Mohieldin, 03/11/2011]

La solution de l’éducation Mahmoud Mohieldin est directeur exécutif au World Bank Group, et ancien ministre égyptien de l’investissement. Suite
Et si nous mettions l’empreinte écologique à nos tableaux de bord ?
[Mathis Wackernagel, 03/11/2011]

Et si nous mettions l’empreinte écologique à nos tableaux de bord ? Mathis Wackernagel est président du Global Footprint Network. Suite
Le mouvement de transition face à l'enjeu démographique
[Rob Hopkins, 27/10/2011]

Le mouvement de transition face à l'enjeu démographique Rob Hopkins est le fondateur du mouvement Transition Towns qui vise à élaborer des villes plus durables dotées d'une économie relocalisée et capable d'être en partie auto suffisantes pour la... Suite
Des forêts pour les générations futures
[Gisele Bündchen, 21/09/2011]

Des forêts pour les générations futures Mannequin, Gisèle Bündchen est également Ambassadrice de bonne volonté du Programme des Nations Unies pour l'environnement. Durant son enfance au Brésil, elle a pu admirer toute la beauté de la... Suite
Recyclage : que faire des panneaux photovoltaïques usagés ?
[Gregory Spanoudakis, 29/08/2011]

Recyclage : que faire des panneaux photovoltaïques usagés ? Gregory Spanoudakis est Président des Opérations Européennes de Canadian Solar. Cette entreprise s'est engagée dans la recherche sur le recyclage des panneaux solaires au travers de PV Cycle. Suite
Une invitation à aimer le futur
[Virginie Raisson, 14/04/2011]

Une invitation à aimer le futur Virginie Raisson dirige le LÉPAC, un laboratoire privé et indépendant de géopolitique et prospective. De 1999 à 2008, elle a été membre du Conseil d’administration de Médecins Sans Frontières, en... Suite
L’oligarchie est responsable de la crise écologique
[Hervé Kempf, 14/02/2011]

L’oligarchie est responsable de la crise écologique Journaliste et éditorialliste au Monde, Hervé Kempf écrit sur les enjeux écologiques. Hervé Kempf vient de publier L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie (Seuil), qui prolonge sur le plan de... Suite
La différence entre les besoins et l’avidité
[Jeffrey David Sachs, 28/02/2011]

La différence entre les besoins et l’avidité Jeffrey David Sachs est un éminent économiste américain. Il est Directeur de l'Earth Institute, professeur de développement durable, et professeur de politique et de gestion de la santé à... Suite
La poursuite officielle du bonheur
[Derek Bok, 04/01/2011]

La poursuite officielle du bonheur Juriste de formation, Derek Bok a d'abord enseigné le droit à l'Université d'Harvard avant d'être élu président de l’université de 1971 à 1991 puis de 2006 à 2007. Il a écrit plusieurs livres, dont... Suite
Les chauves-souris : de précieuses alliées de la nature et des Hommes
[PNUE, 21/01/2011]

Les chauves-souris : de précieuses alliées de la nature et des Hommes Créé en 1972, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE ou UNEP en anglais) est la plus haute autorité environnementale au sein du système des Nations Unies. Le Programme joue le rôle... Suite
Ces entrepreneurs qui changent le monde
[Bill Drayton, 09/02/2011]

Ces entrepreneurs qui changent le monde Bill Drayton est président-fondateur d’Ashoka, le plus grand réseau d’entrepreneurs sociaux dans le monde. Après avoir étudié à Yale et Harvard, il a été consultant chez McKinsey, professeur à la... Suite
En finir avec le mariage des enfants
[Jimmy Carter, 17/09/2010]

En finir avec le mariage des enfants Ancien président américain, Jimmy Carter est désormais à la tête d'une fondation qui participe à l'aide au développement en Afrique et à la lutte contre les maladies négligées. Suite
De la croissance dans une économie bouddhiste
[Jeffrey David Sachs, 25/08/2010]

De la croissance dans une économie bouddhiste Jeffrey David Sachs est un éminent économiste américain. Il est Directeur de l'Earth Institute, professeur de développement durable, et professeur de politique et de gestion de la santé à... Suite
Coupe du monde de foot : carton rouge écologique ?
[Nathalie Durand, 28/06/2010]

Coupe du monde de foot : carton rouge écologique ? A l’origine maître d’armes, Nathalie Durand enseigne l’escrime pour les valides et les handisports. Diplômée en management international du sport, elle mène depuis 1996 des études et des actions... Suite
Le grenelle, c'est déjà ça !
[Serge Orru, 16/05/2010]

Le grenelle, c'est déjà ça ! Serge Orru est le directeur général du WWF France.Photo : © AFP PHOTO FRANK PERRY Suite
Dette écologique en Afrique
[Andrew Simms, 12/12/2009]

Dette écologique en Afrique Le directeur du New Economic Foundation (NEF) dirige le programme du Changement Climatique au Centre for Global Interdependence. Il a travaillé pour plusieurs organismes de Développement et... Suite
Une étude provocatrice recommande de ne pas dépasser certaines frontières planétaires
[Carl Zimmer, 23/09/2009]

Une étude provocatrice recommande de ne pas dépasser certaines frontières planétaires Carl Zimmer travaille comme journaliste spécialiste des questions scientifiques et environnementales. Il a rédigé 6 livres et s’intéresse à des domaines aussi variés que la recherche dans les... Suite
En quoi les Européens sont-ils plus verts que les Américains ?
[Elisabeth Rosenthal, 08/09/2009]

En quoi les Européens sont-ils plus verts que les Américains ? Elisabeth Rosenthal est une journaliste spécialisée sur les questions environnementales. Elle écrit notamment dans les colonnes du New York Times et du International Herald Tribune. Photo DR. Suite
La lutte contre les grandes surfaces est un combat pour la démocratie
[George Monbiot, The guardian, 10/08/2009]

La lutte contre les grandes surfaces est un combat pour la démocratie Célèbre journaliste d’investigation et éditorialiste au quotidien anglais The Guardian. George Monbiot est conseiller auprès de la BBC Wildlife magazine. Il est également l'auteur de best sellers... Suite
Changer le rapport de l'homme à la nature n'est qu'un début
[Edgar Morin, 22/06/2009]

Changer le rapport de l'homme à la nature n'est qu'un début Edgar Morin est un sociologue et philosophe français. Il a écrit, entre autres, “Pour entrer dans le XXIe” (Seuil, 2004) Suite
La bombe humaine
[Paul et Anne Ehrlich, 09/04/2009]

La bombe humaine Paul et Anne Ehrlich font partie du Département de biologie et du Center for Conservation Biology de l'université de Stanford. Paul Ehrlich y est Professeur d'études démographiques et de sciences... Suite
Il est trop tard pour être pessimiste
[Yann Arthus-Bertrand, 08/09/2008]

Il est trop tard pour être pessimiste Yann Arthus-Bertrand est photographe, cinéaste, et écologiste. Il s’est toujours passionné pour le monde animal et les espaces naturels. En 1991, il fonde Altitude, première agence de photographie... Suite
Une « bonne planète » a besoin de nouveaux indicateurs de richesse
[Jean Gadrey, 02/04/2009]

Une « bonne planète » a besoin de nouveaux indicateurs de richesse Professeur émérite d'économie à l'Université de Lille 1, il est membre du CNIS (Conseil National de l'Information Statistique) et de la Commission Stiglitz, chargée de proposer de nouveaux... Suite
Une conservation à visage humain
[Jean-Michel Severino, 01/01/2008]

Une conservation à visage humain Jean-Michel Severino est, depuis 2001, Directeur général de l’Agence Française de Développement (AFD). Diplômé de l’École Nationale d’Administration et de l’Institut d’Études Politiques de Paris,... Suite
FAO : L'agriculture doit changer pour nourrir le monde
[FAO, 04/02/2009]

FAO : L'agriculture doit changer pour nourrir le monde L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO, Food and Agriculture Organisation of the United Nations) a été créée en 1945 , son siège est à Rome depuis 1951. Elle... Suite
Changer de valeurs
[Tony Juniper, 01/07/2008]

Changer de valeurs Tony Juniper est un environnementaliste reconnu, auteur et commentateur. Il a occupé le poste de Directeur des Amis de la Terre – UK et de vice-Présidente des Amis de la Terre International de 2000 à... Suite
De gré ou de force, la décroissance
[Serge Latouche, 22/10/2008]

De gré ou de force, la décroissance Serge Latouche est professeur émérite à la faculté de droit, éonomie et gestion de Paris XI. Il est un fervent défenseur de la théorie de la décroissance et s’oppose à un mode de vie basé... Suite

Changer le rapport de l'homme à la nature n'est qu'un début

22/06/2009 8:49 am

Le penseur français Edgar Morin revient sur les résultats des élections européennes. Il rappelle que l'écologie c'est aussi la nécessité positive de changer nos vies, non seulement dans le sens de la sobriété, mais surtout dans le sens de la qualité et de la poésie de la vie. Et regrette que cette deuxième face ne soit pas encore assez développée dans l'écologie politique.

Le succès Vert, en France, aux élections européennes ne doit être ni surestimé ni sous-estimé. Il ne doit pas être surestimé, car il résulte en partie de la carence du Parti socialiste, de la faible crédibilité du MoDem et des petites formations de gauche. Il ne doit pas être sous-estimé, car il témoigne aussi du progrès politique de la conscience écologique dans notre pays.
Mais ce qui demeure insuffisant, c'est la conscience de la relation entre politique et écologie. Certes, très justement, Daniel Cohn-Bendit parle au nom d'une écologie politique. Mais il ne suffit pas d'introduire la politique dans l'écologie ; il faut aussi introduire l'écologie dans la politique. En effet, les problèmes de la justice, de l'Etat, de l'égalité, des relations sociales, échappent à l'écologie. Une politique qui n'engloberait pas l'écologie serait mutilée, mais une politique qui se réduirait à l'écologie serait également mutilée.

L'écologie a le mérite de nous amener à modifier notre pensée et notre action sur la nature. Certes, cette modification est loin d'être accomplie. A la vision d'un univers d'objets que l'homme est destiné à manipuler et à asservir ne s'est pas encore vraiment substituée la vision d'une nature vivante dont il faut respecter les régulations et les diversités.

A la vision d'un homme "sur-naturel" ne s'est pas encore substituée la vision de notre interdépendance complexe avec le monde vivant, dont la mort signifierait notre mort. L'écologie politique a de plus le mérite de nous amener à modifier notre pensée et notre action sur la société et sur nous-mêmes.

En effet, toute politique écologique a deux faces, l'une tournée vers la nature, l'autre vers la société. Ainsi, la politique qui vise à remplacer les énergies fossiles polluantes par des énergies propres est en même temps un aspect d'une politique de santé, d'hygiène, de qualité de la vie. La politique des économies d'énergie est en même temps un aspect d'une politique évitant les dilapidations et luttant contre les intoxications consuméristes des classes moyennes.

La politique faisant régresser l'agriculture et l'élevage industrialisés, et par là dépolluant les nappes phréatiques, détoxiquant l'alimentation animale viciée d'hormones et d'antibiotiques, l'alimentation végétale imprégnée de pesticides et d'herbicides, serait en même temps une politique d'hygiène et de santé publiques, de qualité des aliments et de qualité de la vie. La politique visant à dépolluer les villes, les enveloppant d'une ceinture de parkings, développant les transports publics électriques, piétonnisant les centres historiques, contribuerait fortement à une réhumanisation des villes, laquelle comporterait en outre la réintroduction de la mixité sociale en supprimant les ghettos sociaux, y compris les ghettos de luxe pour privilégiés.

En fait, il y a déjà dans la deuxième face de l'écologie politique une part économique et sociale (dont les grands travaux nécessaires au développement d'une économie verte, y compris la construction de parkings autour des villes). Il y a aussi quelque chose de plus profond, qui ne se trouve encore dans un aucun programme politique, c'est la nécessité positive de changer nos vies, non seulement dans le sens de la sobriété, mais surtout dans le sens de la qualité et de la poésie de la vie.
Mais cette deuxième face n'est pas encore assez développée dans l'écologie politique.

Tout d'abord, celle-ci n'a pas assimilé le second message, de fait complémentaire, formulé à la même époque que le message écologique, au début des années 1970, celui d'Ivan Illitch. Celui-ci avait formulé une critique originale de notre civilisation, montrant combien un mal-être psychique accompagnait les progrès du bien-être matériel, comment l'hyperspécialisation dans l'éducation ou la médecine produisait de nouveaux aveuglements, combien il était nécessaire de régénérer les relations humaines dans ce qu'il appelait la convivialité. Alors que le message écologique pénétrait lentement la conscience politique, le message illitchien restait confiné.

C'est que les dégradations du monde extérieur devenaient de plus en plus visibles, alors que les dégradations psychiques semblaient relever de la vie privée et demeuraient invisibles à la conscience politique. Le mal-être psychique relevait et relève encore des médecines, somnifères, antidépresseurs, psychothérapies, psychanalyses, gourous, mais n'est pas perçu comme un effet de civilisation.

Le calcul appliqué à tous les aspects de la vie humaine occulte ce qui ne peut être calculé, c'est-à-dire la souffrance, le bonheur, la joie, l'amour, bref, ce qui est important dans nos vies et qui semble extra-social, purement personnel. Toutes les solutions envisagées sont quantitatives : croissance économique, croissance du PIB. Quand donc la politique prendra-t-elle en considération l'immense besoin d'amour de l'espèce humaine perdue dans le cosmos ?

Une politique intégrant l'écologie dans l'ensemble du problème humain affronterait les problèmes que posent les effets négatifs, de plus en plus importants par rapport aux effets positifs, des développements de notre civilisation, dont la dégradation des solidarités, ce qui nous ferait comprendre que l'instauration de nouvelles solidarités est un aspect capital d'une politique de civilisation.

L'écologie politique ne saurait s'isoler. Elle peut et doit s'enraciner dans les principes des politiques émancipatrices qui ont animé les idéologies républicaine, socialiste puis communiste, et qui ont irrigué la conscience civique du peuple de gauche en France. Ainsi, l'écologie politique pourrait entrer dans une grande politique régénérée, et contribuer à la régénérer.
Une grande politique régénérée s'impose d'autant plus que le Parti socialiste est incapable de sortir de sa crise. Il s'enferme dans une alternative stérile entre deux remèdes antagonistes. Le premier est la "modernisation" (c'est-à-dire le ralliement aux solutions techno-libérales), alors que la modernité est en crise dans le monde. L'autre remède, le gauchissement, est incapable de formuler un modèle de société. Le gauchisme aujourd'hui souffre d'un révolutionnarisme privé de révolution. Il dénonce justement l'économie néolibérale et les déchaînements du capitalisme, mais il est incapable d'énoncer une alternative. Le terme de "parti anticapitaliste" trahit cette carence.

Si l'écologie politique porte sa vérité et ses insuffisances, les partis de gauche portent, chacun à leur façon, leurs vérités, leurs erreurs et leurs carences. Tous devraient se décomposer pour se recomposer dans une force politique régénérée qui pourrait ouvrir des voies. La voie économique serait celle d'une économie plurielle. La voie sociale serait celle de la régression des inégalités, de la débureaucratisation des organisations publiques et privées, de l'instauration des solidarités. La voie pédagogique serait celle d'une réforme cognitive, qui permettrait de relier les connaissances, plus que jamais morcelées et disjointes, afin de traiter les problèmes fondamentaux et globaux de notre temps.

La voie existentielle serait celle d'une réforme de vie, où viendrait à la conscience ce qui est obscurément ressenti par chacun, que l'amour et la compréhension sont les biens les plus précieux pour un être humain et que l'important est de vivre poétiquement, c'est-à-dire dans l'épanouissement de soi, la communion et la ferveur.

Et s'il est vrai que le cours de notre civilisation, devenue mondialisée, conduit à l'abîme et qu'il nous faut changer de voie, toutes ces voies nouvelles devraient pouvoir converger pour constituer une grande voie qui conduirait mieux qu'à une révolution, à une métamorphose. Car, quand un système n'est pas capable de traiter ses problèmes vitaux, soit il se désintègre, soit il produit un métasystême plus riche, capable de les traiter : il se métamorphose.

L'inséparabilité de l'idée du cheminement réformateur et d'une métamorphose permettrait de concilier l'aspiration réformatrice et l'aspiration révolutionnaire. Elle permettrait la résurrection de l'espérance sans laquelle aucune politique de salut n'est possible.

Nous ne sommes même pas au commencement de la régénération politique. Mais l'écologie politique pourrait amorcer et animer le commencement d'un commencement.

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Texte paru dans le journal Le Monde, courtoisie de l'auteur.

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