André Bouny

Dès ses études en odontologie à Paris, André Bouny s'engage contre la guerre du Viêt Nam. Plus de trente après il publie en 2010 Agent Orange Apocalypse Viêt Namn, un ouvrage qui revient sur les ravages de ce produit chimique.

Pesticides : Pas deux fois la même erreur…
[France Nature Environnement, 20/03/2013]

Pesticides : Pas deux fois la même erreur… La fédération France Nature Environnement rassemble près de 3000 associations locales ou thématiques de protection de l'environnement en France. La FNE a été créée en 1968. Suite
Le problème sanitaire des faibles doses
[Elizabeth Grossman, 19/03/2012]

Le problème sanitaire des faibles doses Elizabeth Grossman, journaliste et auteure américaine, travaille en particulier sur les effets sanitaires de l'exposition aux molécules chimiques dont les retardateurs de flammes et les pesticides. ... Suite
Les tropiques du cancer ?
[Henry I. Miller, 03/08/2011]

Les tropiques du cancer ? Henry I. Miller est intervenant en Sciences Politiques et en Politique publique auprès de l’Institution Hoover de l’Université de Stanford, et a travaillé pour l’Institut National de Santé américain... Suite
Les chauves-souris : de précieuses alliées de la nature et des Hommes
[PNUE, 21/01/2011]

Les chauves-souris : de précieuses alliées de la nature et des Hommes Créé en 1972, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE ou UNEP en anglais) est la plus haute autorité environnementale au sein du système des Nations Unies. Le Programme joue le rôle... Suite
Agent Orange une aumône pour les victimes du plus grand écocide de l’histoire de l’humanité
[André Bouny, 01/08/2010]

Agent Orange une aumône pour les victimes du plus grand écocide de l’histoire de l’humanité Dès ses études en odontologie à Paris, André Bouny s'engage contre la guerre du Viêt Nam. Plus de trente après il publie en 2010 Agent Orange Apocalypse Viêt Namn, un ouvrage qui revient sur les... Suite
L'OMS préconise l'utilisation du DDT contre le paludisme
[Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 15/09/2006]

L'OMS préconise l'utilisation du DDT contre le paludisme Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ou World health Organization (WHO) est l’autorité directrice et coordinatrice, dans le domaine de la santé, des travaux ayant un caractère international au... Suite
Regards croisés sur l’écologie
[Pierre Rabhi, 01/11/2005]

Regards croisés sur l’écologie Ouvrier agricole dans les années 60, Pierre Rabhi est très tôt confronté à la problématique de l’agriculture intensive et consterné par les impacts de cette pratique sur les écosystèmes. Dans les... Suite
Pesticides et agriculture : la cohérence d’un système
[CEMAGREF, 15/12/2005]

Pesticides et agriculture : la cohérence d’un système L’Institut de Recherche pour l'Ingénierie de l'Agriculture et de l'Environnement (CEMAGREF) oriente ses recherches vers la production de connaissances nouvelles et d’innovations techniques dans le... Suite
De la fiabilité des outils d’évaluation des impacts des pesticides
[Fabrice Nicolino, 06/06/2007]

De la fiabilité des outils d’évaluation des impacts des pesticides Ecologiste altermondialiste, auteur de nombreuses chroniques pour divers magazines français (Politis, La Croix, Terre Sauvage, etc), Fabrice Nicolino est actuellement conseiller éditorial pour les... Suite
Nicaragua : la marche sans retour des victimes du Nemagon
[Carlos Amorin, 01/04/2005]

Nicaragua : la marche sans retour des victimes du Nemagon Journaliste brésilien, Carlos Amorin est membre du Réseau d’Information et de Solidarité avec l’Amérique latine (RISAL). Le RISAL n’a pas d’existence légale : ce n’est ni une association, ni une ONG,... Suite
Pesticides : quels risques ?
[Jean Charles Bocquet, 01/09/2007]

Pesticides : quels risques ? Directeur général de l’UIPP (Union des Industries pour la Protection des Plantes), Jean Charles Bocquet dirige le groupe rassemblant l’industrie essentiellement transnationale productrice de... Suite
Les impacts de l’environnement sur la santé.
[Jean Marie Pelt, 05/02/2007]

Les impacts de l’environnement sur la santé. Pharmacien agrégé de formation, Jean Marie Pelt est avant tout botaniste, écologiste et toxicologue. Après de nombreuses missions scientifiques à l’étranger, il endosse aujourd’hui de nombreuses... Suite

Agent Orange une aumône pour les victimes du plus grand écocide de l’histoire de l’humanité

05/08/2010 11:28 am

Le 10 août 2010,* il y aura 50 ans que le premier agent chimique contenant de la dioxine fut épandu par les Etats-Unis sur la forêt et les récoltes vietnamiennes. Commençait dès lors l’utilisation des défoliants dits « arc-en-ciel » (Agents Orange, Blanc, Bleu, Rose, Vert et Pourpre…). L’objectif des militaires : détruire le couvert végétal qui abritait les combattants vietnamiens mais aussi affamer la résistance et la population.

Un plan d’action ayant pour objectif d’éliminer les séquelles de l’Agent Orange au Viêt Nam vient d’être publié (lien :L’Institut Apsen). Proposé par le groupe de discussions vietnamo-états-unien (composé de 10 personnalités, à parité pour chaque pays : citoyens, scientifiques, et élus) sous le parrainage de la Fondation Ford, ce plan préconise que les USA versent au Viêt Nam 30 millions de dollars par an durant 10 ans. Si je ne peux que me réjouir de cette initiative qui vient souligner, 35 ans après la fin de la guerre, la nécessité de tourner la page, il faut le rapporter à l’engagement pris par les États-Unis en janvier 1973. En effet, l’article 21 des Accords de Paix de Paris signés par les deux nations belligérantes prévoyait un dédommagement de guerre au profit du Viêt Nam d’un montant de 5 milliards de dollars (sans parler du Laos et du Cambodge)… Mais les Vietnamiens ne reçurent rien du dédommagement promis : au contraire, ils se virent imposer un embargo économique pendant près de 20 ans !

Fascinés par ce montant de 300 millions de dollars, les médias, (voir l’article du journal Le Monde daté du 16 juin) n’ont fait preuve d’aucun discernement. D’abord, ils ont donné l’impression que la décision d’octroyer cette somme avait été entérinée par le gouvernement états-unien. Or il n’en est rien. Car si le document de vingt pages précise qu’un tiers des fonds seraient attribués à la décontamination de la dioxine dans les sols et les deux autres tiers à la construction de structures et d’aides médicales aux victimes vietnamiennes, il ne s’agit que d’une déclaration de bonnes intentions, qui ne précise pas quels seraient les débiteurs, ni quel pourrait être le rôle des ONG.

Ensuite, cette recommandation, émise par une organisation qui n’a aucun pouvoir décisionnel ni financier, doit être mise en relation avec la déclaration de la vice-présidente de l’Assemblée nationale du Viêt Nam : Mme Tong Thi Phong avait annoncé une semaine plus tôt que son pays comptait actuellement 4 millions de victimes contaminées par l’Agent Orange. Un rapide calcul permet de constater que cette offre attribue à chaque victime seulement 5 dollars par an ! Comment une telle somme leur permettra-t-elle d’accéder aux soins lourds, à une aide psychologique ou matérielle ?

Le vœu formulé par le groupe de dialogue est positif, puisqu’il multiplie par 100 les engagements de la précédente administration. Cependant, le ministère des Anciens combattants états-unien annonce pour la seule année 2010, un budget supplémentaire de plus de 13 milliards de dollars pour les centaines de milliers de vétérans états-uniens, insuffisamment pris en charge. Les 300 millions de dollars sur 10 ans, paraissent alors d’une obscénité insondable en regard des millions de Vietnamiens contaminés.

Fin juin, j’apprends que l’ONU consacre, dans le cadre du Plan des Nations Unies au développement (PNUD), 5 millions de dollars pour participer à la décontamination de l’ancienne base américaine de Bien Hoa -l’un des 28 principaux « points chauds » nécessitant une action urgente- alors que la Fondation Ford avait estimé à 60 millions de dollars la décontamination de trois bases. Lors de mon intervention à l’ONU visant à obtenir de cette institution « une aide urgente, conséquente et adaptée » pour les victimes vietnamiennes de l’Agent Orange et la décontamination de leurs sols, j’avais rappelé que le Viêt Nam comptait 11 « Villages de la paix » accueillant les victimes de l’Agent Orange quand 1 000 (voire le double selon leur capacité) étaient nécessaires pour les seuls enfants ! Si l’annonce de cette aide de la part de la principale institution internationale constitue une première forme de reconnaissance mondiale de cette catastrophe écologique et humaine, je dénonce la modicité de cette attribution. Je dénonce également l’indignité que ni Dow Chemical ni Monsanto* (ni aucune autre compagnie chimique US ayant fabriqué le poison) n’ont la moindre intention de payer quoi que ce soit aux victimes vietnamiennes – alors qu’elles ont signé, en 1984, un accord à l’amiable avec les associations d’anciens combattants américains pour 180 millions de dollars (ce qui leur permit à très bon compte d’éviter un procès).

La volonté de détruire durablement les forêts tropicales de l’intérieur, celles semi-inondées du delta du Mékong, les mangroves du littoral, ainsi que les cultures, a abouti à un crime qui n’avait pas de nom jusqu’ici : l’écocide. Cette guerre chimique, la plus grande de toute l’histoire de l’humanité, reste quasiment inconnue malgré sa portée immense. Les effets en cascade dus à l’anéantissement de toute végétation sont dantesques, en premier lieu pour le règne végétal lui-même bien sûr, mais aussi pour le règne animal auquel appartient l’homme, comme pour les sols.

Les agents chimiques déversés sur le Viêt Nam représenteraient en effet au minimum 72 millions de litres sur presque 3 millions d’hectares… Cela représente environ 300 kilos de la forme la plus toxique de dioxine. Cependant, la logique des épandages renouvelés sur les mêmes surfaces, parfois jusqu’à 10 reprises, me permet de révéler que les volumes réels approchent vraisemblablement les 350 millions de litres ! Celle-ci pénètre dans les organismes par simple contact, par inhalation, et surtout par ingestion (elle remonte ainsi la chaîne alimentaire). Liposoluble, elle se fixe dans les tissus adipeux par bioaccumulation, et n’a pratiquement pas de voie de déstockage, excepté le sperme chez l’homme (aboutissant aux effets tératogènes chez le nouveau-né) et le lait maternel chez la femme (ayant pour conséquences l’empoisonnement du nourrisson).

Avant même son utilisation, les effets secondaires de ce poison étaient parfaitement identifiés par les scientifiques travaillant pour les fabricants. Pourtant à ce jour, la justice n’a toujours pas tenu compte du principe de l’intentionnalité qui lui est habituellement cher. À l’heure où vous lisez ces lignes, des victimes de l’Agent Orange continuent de mourir au Viêt Nam, mais aussi aux États-Unis et dans tous les pays dont des citoyens ont combattu dans cette guerre coloniale, ou dans les territoires où les essais ont eu lieu, où le produit a été stocké… D’autres viennent juste de naître. Ces victimes, et plus particulièrement au Viêt-Nam, ont besoin du soutien de tous. Maintenant !

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Agent Orange une aumône pour les victimes du plus grand écocide de l’histoire de l’humanité

Par André Bouny

texte courtoisie de l'auteur

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