Comprendre Copenhague : greenbusiness et greenwashing  •   25 Novembre 2009

« À bicyclette », quartier de Tiergarten, Berlin, Allemagne (52°30’ N – 13°22’ E). Dès les beaux jours, les Berlinois sont chaque année plus nombreux à chevaucher leur bicyclette, empruntant le large parc cyclable de la capitale. La petite reine semble bien la promise du transport urbain du XXIe siècle face à une voiture en perte de vitesse dans les grandes villes anciennes. La circulation y devient si dense qu’une voiture à Londres ou à Paris aujourd’hui n’est pas plus rapide qu’une calèche il y a un siècle et la seule pollution atmosphérique engendrée par les transports serait responsable de 3 millions de morts par an dans le monde. Économe, silencieux et non polluant, le cycliste occupe six fois moins d’espace sur la chaussée que son voisin automobiliste, et son vélo, une fois garé, vingt fois moins qu’une place de stationnement pour voiture. Le vélo a le vent en poupe : aux Pays-Bas, 30 % des déplacements urbains se font à bicyclette, et même dans les montagnes suisses déjà 10 % de la population vit la ville à vélo. © Yann Arthus-Bertrand

Ecologie et économie ne s’opposent pas forcément. Le marché mondial des produits et services liés à l’environnement, atteint ainsi déjà 1370 milliards de dollars par an ; il pourrait atteindre 2740 milliards de dollars vers 2020. Au sein de l’Union Européenne, 21 millions d’emplois sont déjà liés à l’environnement d’une manière ou d’une autre.

On peut donc faire de l’argent en étant écolo. C’est tout l’enjeu de ce qu’on appelle le « green business » ou économie verte. Il s’agit de produire et installer des éoliennes, des équipements économiseurs d’énergie, etc. Mais aussi de faire ce qu’on faisait avant, autrement : au sein de chaque entreprise, une démarche soucieuse de l’environnement permet une réduction des coûts par l’éco-conception, en diminuant les transports, les besoins en énergie et en matières premières, etc.

Mais attention aux dérives du greenwashing, qui consiste à embellir une marque, une entreprise ou un produit par l’utilisation de la cause écologique sans adopter réellement une démarché respectueuse de l’environnement. Par exemple, entre 2006 et 2007, le nombre de publicités vertes a quasiment triplé en France. Certaines présentaient comme « écolo » des 4X4 tout juste un peu moins polluant. Et puis, il ne faut pas oublier que l’objectif premier des entreprises reste de faire des bénéfices. Certaines d’entre elles n’ont aucun intérêt à changer leurs pratiques et continueront à polluer si elles ne sont pas contraintes à faire autrement, par la loi, par exemple.

Comme il y a eu une révolution industrielle et une révolution informatique, il pourrait y avoir une révolution écologique dans l’industrie. Les métiers à tisser ont été mécanisés, les machines à écrire ont fait place aux ordinateurs. Les 4x4 urbains pourraient être remplacés par des véhicules légers et électriques. Certains secteurs de l’économie pourraient en être sinistrés, mais d’autres en profiteront. Si tel est le cas, le passage à une économie plus verte entraînera plus de créations d’emplois qu’elle n’en détruira.

Extrait du livre « 2° de Trop Comprendre les enjeux de Copenhague » rédigé par la rédaction de GoodPlanet et disponible dès le 12 novembre 2009 aux éditions de la Martinière.