Comprendre Copenhague : le protocole de Montréal  •   23 Novembre 2009

Ville d’Ushuaia, Argentine (54°47' S – 68°18' O). Ushuaia se situe à l’extrême sud du continent américain, sur l’archipel de la Terre de Feu et compte aujourd’hui 50 000 habitants qui vivent de la construction navale, l’exploitation forestière et la pêche et du tourisme. Avec le « trou de la couche d’ozone », la population, particulièrement exposée, doit se protéger contre les rayons ultraviolets avec des lunettes de soleil et des crèmes solaires. © Yann Arthus-Bertrand

Conclure rapidement un accord international efficace sur le climat est possible. C’est ce qu’ont montré les négociations qui ont amené la signature du protocole de Montréal, en 1987. Celui-ci vise à réduire, et à terme éliminer, les substances qui appauvrissent la couche d’ozone.

En 1985, les scientifiques sonnent l’alarme : la couche d’ozone au-dessus de l'Antarctique s’est amincie dangereusement – il y a un « trou ». Or, cette couche d'ozone bloque les rayons ultraviolets nocifs du soleil. Sans cette fine pellicule de gaz, aucune vie n’est possible sur terre. Alors que les données scientifiques s’accumulent rapidement et montrent que le trou s’élargit, les représentants des principaux pays industriels se concertent. A peine deux ans plus tard, en 1987, 24 pays se réunissent au Canada et adoptent le traité de Montréal. Il vise à éliminer la production des substances qui appauvrissent la couche d’ozone : des gaz utilisés par l’industrie comme réfrigérants et comme propulseurs, les chlorofluorocarbures (CFC) et des hydro-chlorofluorocarbures (HCFC). Depuis, le consensus s’est élargi depuis à 191 pays, et grâce à ce traité, la couche d’ozone pourrait retrouver un niveau à peu près normal d'ici 2055.

Pourquoi le protocole de Montréal a-t-il été conclu si rapidement tandis que celui de Kyoto est-il si difficile à mettre en place ? La première raison est que le danger que représente l’affaiblissement de la couche d’ozone était clair et immédiat : la disparition de l’espèce humaine et le constat était unanime. Les conséquences du réchauffement climatique sont plus complexes et plus discutées. La seconde est que des produits de substitution aux CFC et HCFC étaient disponibles. A l’inverse, nos sociétés sont toujours dépendantes des hydrocarbures et il n’existe, pour l’instant, aucun moyen simple de les remplacer à grande échelle. Cependant, plus le temps passe, plus les enjeux du changement climatique deviennent importants et plus les alternatives deviennent crédibles.

Extrait du livre « 2° de Trop Comprendre les enjeux de Copenhague » rédigé par la rédaction de GoodPlanet et disponible dès le 12 novembre 2009 aux éditions de la Martinière.