
17/07/2008 11:38 am
Durant l'année, plus de 160 millions de tonnes d'engrais minéraux seront répandus à la surface de notre planète. En six décennies, le recours à ces substances aura été multiplié par cinq et aura permis de décupler la productivité des cultures. Mais de grandes quantités de ces engrais se répandent dans l'environnement et constituent l'un des principaux facteurs de pollution agricole. Toutefois, des alternatives naturelles et durables existent, comme les engrais organiques ou l'utilisation de trèfle et de luzerne.La consommation mondiale d'engrais a plus que doublé au cours des trente dernières années. Elle dépasse les 200 kg à l'hectare en Europe, en Chine, au Japon, en Corée du Sud, elle est de 50 kg en Australie, 10 à 20 kg en Afrique sud-saharienne et Asie centrale, de 100 kg en moyenne dans les autres pays. Cela est dû pour partie à l’effondrement des surfaces consacrées aux légumineuses. Sur la saison 2006-2007, la consommation a été de 164 millions de tonnes, dont 98 pour les engrais azotés, 27 pour la potasse et 39 pour les phosphates. La Chine est le premier consommateur d’engrais minéraux, avec 49 millions de tonnes, suivi de l’Inde (22 Mt), des Etats-Unis (21 Mt), du Brésil (9 Mt), de l’Indonésie (3,5 Mt) et de la France (3,4 Mt). Depuis 1960, selon les Nations Unies, le nombre de zones mortes dans les mers et les océans a doublé au cours de chaque décennie, notamment à cause des nutriments, tels que l’azote et le phosphore, provenant du ruissellement d’engrais agricoles et de fumier. En 2005, 75% des rivières chinoises étaient contaminées par les fertilisants.
Les engrais sont des substances destinées à apporter aux plantes des compléments d'éléments nutritifs de façon à améliorer leur croissance et augmenter le rendement des cultures.
Les engrais minéraux
En 2006, la production de fertilisants s’élevait à 170,4 millions de tonnes, avec 89 Mt d’engrais azotés, 29,4 Mt d’engrais potassiques et 52 Mt d’engrais phosphatés. Elle devrait passer, selon la FAO, de 206,5 Mt en 2007 à 241 Mt pour la saison 2011-2012. Les réserves estimées de potasse se montent à 8.300 Mt, dont plus de la moitié au Canada. La Chine est le premier producteur d’engrais azotés (43% de la production mondiale), l’Afrique l’exportateur principal de phosphate, le Canada et la Russie de potasse. Ces substances sont produites soit par l'industrie chimique, soit par l'exploitation de gisements naturels (mines de potasse et de phosphates). En consommation, l’augmentation est forte dans les pays en développement, elle diminue ailleurs. Ainsi en Europe, de 1996 à 2006, où la hausse globale de la consommation a été de 2,5%, on a assisté à une diminution dans l'Europe des 15 de 3,5% pour l'azote, 12,1% pour les phosphates et 10,7% pour la potasse et à l'inverse, à une augmentation pour les nouveaux membres de 32% pour l'azote, 17% pour les phosphates et 18% pour la potasse.
Legislation communautaire
En 2003, l'Union européenne a simplifié la législation communautaire relative à l'harmonisation de la législation des États membres dans le domaine des engrais minéraux afin d'assurer la libre circulation de ces produits à l'intérieur de l'Union européenne. Ce règlement opère une refonte de dix-huit directives publiées entre 1976 et 1998. Tous les types d'engrais conformes à ce règlement sont désignés "engrais CE". Dans les conditions normales d'utilisation, ces engrais doivent être efficaces sans avoir d'effet négatif sur la santé des hommes, des animaux, des plantes et sur l'environnement.
La fin de Nauru
Île-Etat du Pacifique depuis 1968, Nauru a longtemps exploité (depuis 1840) le phosphate dont elle était recouverte. De 1968 à 2002, elle exporte 43 millions de tonnes de phosphates, devenant un des états les plus riches de la planète par tête d’habitant. La ressource est aujourd’hui épuisée et 80% de son territoire est dévasté. L’État est en banqueroute et accusé de servir de plaque tournante à des opérations internationales de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme.
Les engrais minéraux ont fortement contribué à l'accroissement des rendements à l'hectare depuis 1950. Celui du blé, par exemple, a été multiplié par quatre pour une consommation d'engrais multipliée par cinq. Les plus hauts niveaux de production ne sont atteints que là où l’apport en eau est suffisant, expliquant les besoins croissant d'irrigation des cultures.
Leurs pollutions
Les engrais minéraux ne sont pas tous absorbés par la plante. Une partie s’écoule dans les fossés et les rivières ou migrent vers les nappes souterraines, une autre se disperse dans l’air et se retrouve en milieu urbain, comme l’attestent les mesures des organismes de suivi de la pollution. Cette pollution atmosphérique concerne, selon les études, 30 à 65% de l’azote minéral épandu, et est liée aux conditions climatiques et pratiques de fertilisation. L’excédent d'azote, couplé avec un excédent de phosphore (pollutions urbaines par les lessives et autres rejets domestiques), provoque une eutrophisation, un étouffement des milieux aquatiques et la production de toxines.
Le secteur agricole produit, directement ou indirectement, de 17 à 32% de l’ensemble des émissions mondiales de GES causées par les humains. Produire un kilogramme d’engrais nécessite de brûler 1,5 litre de fioul. Et plus du tiers des émissions de l’agriculture provient de sols qui reçoivent trop d’engrais. Les phénomènes de dénitrification et de volatilisation de l’ammoniac contenu dans les engrais azotés génèrent des gaz à effets de serre de 23 fois à 300 fois plus actifs que le CO2.
L’usage intensif d’engrais minéraux a tendance à amoindrir la quantité de microorganismes dans le sol (bactéries, champignons…) et de vers, essentiels à la croissance de la plante. Et plus le sol est pauvre en matière organique, plus les cultures ont besoin d’apports externes.
Les engrais organiques
Les engrais organiques, d’origine animale ou végétale, proviennent des fumiers, lisiers, guano, algues et déchets organiques divers le plus souvent compostés, ainsi que des plantes ou déchets de plantes directement présents sur les sols, qu’elles soient spontanées ou cultivées (engrais verts). Une tonne de fumier de bovins apporte environ 5 kg d’azote, 2,5 kg de phosphore et 6 kg de potassium. Cette fumure organique a l’avantage de renforcer la vie et la structure des sols et d’atténuer notamment les risques d’érosion. Les excédents peuvent aussi se retrouver dans les sols et les eaux. Cependant, le bilan global des engrais organiques sur l’environnement reste meilleur que celui des engrais minéraux, en particulier en terme d’émission de gaz à effet de serre. Ils constituent un des piliers des méthodes de l’agriculture biologique.
Utiliser l'azote de l'air
Quelques plantes en association avec des micro-organismes fixent l'azote de l'air. Le trèfle en fixe 150 kg/ha/an, la luzerne 180 kg. En association avec d'une légumineuse, Sesbiania rostrata, qui fixe 200 à 300 kg d’azote par ha en 50 jours, le rendement de la culture du riz pourrait passer de 2 à 4 t/ha ce qui équivaut à un apport d'engrais chimiques de 60 à 80 kg. 75 millions de tonnes d’azote pourraient être fixées par les plantes soit l'équivalent de 160 millions de tonnes d'engrais chimiques.
| palomino |
pollution Comme le dit Patogaz, c'est l'élément en excés qui pollue, quelque soit son origine.En agriculture il est plus aisé de maîtriser une fertilisation azotée chimique plutot que des apports plus ou moins controlés de fumiers, composts et autres produits parfois nommés biologiques dont la minéralisation est soumise aux conditions pédoclimatiques....Est il utile d'avoir une libération d'azote quand la plante n'en a pas besoin???? Ne confondons pas amélioration des fonctions du sol et nutrition de la plante. Comment nourrir la planète qu'avec de bonnes intentions ? |
| laure-simone théron |
Pollutions personne n'en veut directement aux agriculteurs (nous établissons un constat) qui n'ont fait qu'appliquer les directives d'après guerre afin de permettre un plus grand rendement des cultures pour nourrir la population, mais il est temps de changer (40 ans de pollution), de se moderniser et de trouver des solutions ensemble pour moins polluer. Tous les agriculteurs doivent demander ce changement au gouvernement, avec l'aide des consommateurs et de toute personne ayant compris qu'on ne peut plus continuer d'épandre des engrais, pulvériser pesticides, herbicides, fongicides...qui nuisent à notre santé, à la santé de la planète, et de nos enfants. Et surtout ne pas constituer 2 clans: le bio contre le conventionnel(nous ne sommes pas des ennemis) car nous habitons tous sur la même planète et nous voulons tous la garder propre pour nous et pour les générations futures...Nous cherchons tous des solutions... (blog bienvivrebio) |
| charli |
erreur, chers agriculteurs le message de cet article est clair: les agriculteurs sont aujourd'hui addictes des firmes chimiques, oui, et pour se donner bonne conscience, nos paysans font un tas d'analyses: reliquats azotées, analyse de jus de tiges pour les maladies..... Mais en fait, les firmes chimiquesq qui conseillent nos agriculteurs pour l'utilisation de ces engrais. Ces compagnies, avec la complicité des coopératives,des nogociants, et en moindre mesure des chambres d'agriculture et autres organismes ne vont pas proposer d'autres alternatives qui pourrait remetre en cause leur existence.. |
| pig |
re j'aurai du mal a ajouter quelque chose tant les commentaires précédents sont argumentés et pertinents et représentent il me semble ce que pourrait vous dire la majorité des agriculteurs si ils avaient votre capacité d'élocution et voter faculté de communication ah si un peu d'humilité messieurs les écolos parisiens supposés habiles en conseils mais de quoi serez vous capables quand vous tiendrez les rênes surtout dans vos relations avec les socialos salutations |
| patogaz |
azote des légumineuses 1 kilo d' azote produit par une légumineuse polluera aussi sûrement la nappe qu'un kilo d' azote chimique , ce n' est pas la voie d' origine qui polluera , c' est les éléments non utilisés par la culture merci de faire plutôt l' apologie des cultures intermédiaires piège à nitrate et des raisonnements de la fertilisation avec l' utilisation des outils d' aide à la décision et utilisez un peu moins l' hélico et un peu plus le vélo , ça vous rendra plus crédible et beaucoup plus véritable |
| François |
méthodes de fertilisation Dans cet article, sont stigmatisés les engrais, mais il est bien dit qu'en Europe la consommation de ces derniers diminue. Je voulais préciser, que même si par le passé, certains abus ont étés commis, et qu'il en existe peut-être encore (rares, je l'espère), beaucoup de progrès ont étés réalisés ces dernières années en la matière. J'en veux pour preuve deux choses; tout d'abord les analyses de reliquats azotés qui sont fait en février, et qui montrent fréquement que les sols en sont faiblement pourvus; et ensuite les colzas implantés en août/septembre et dont la croissance automnale est souvent stoppée par une "faim d'azote"; ces éléments montrent bien que la fertilisation est mieux gérée qu'autrefois, car si la terre est en relative "carence" c'est que les cultures précédentes ont presque tout absorbé. Cordialement. François, agriculteur céréalier dans le Loir-et-Cher, membre d'Agriavis. |
| daniel habert |
engrais planete le foin de luzerne et de trefle a ete aneanti par le tourteau de soja,pas cher, de l'amerique du nord et du sud,c'est de la haute politique qui nous depasse,YAB qui est si malin devrait en parler aux gouvernants. |
| Jes |
Nous ne sommes que des consommateurs! Comme je l'ais ecris dans le titre,nous ne sommes que des consommateurs de ces produits phytopharmaceutique et engrais chimique! Avant que l'agriculteur ne les utilises,le ministère de l'agriculture donne son feu vert pour la commercialisation et l'utilisation de ces produits! Donc taper sur les bonnes personnes et pas ceux qui trime pour survivre! De plus avec l'avancé technologique que l'on retrouve en agriculture aujourd'hui,les travaux sont de plus en plus precis. Ont épands l'engrais à 2 kgs près par Hectares et les traitements sont precis au litre près par Hectare! Et je ne parle meme pas des prix exorbitants de ces produits! Ne nous comparer pas à nos grands parent qui mettais de l'urée à la pelle,à telle point que les champs étaient blanc! Mais se n'est pas de leurs fautes! Après guerre l'état francais a demandé au monde agricole de subvenir au besoin de la population francaise. Et bien entendu,les multi-nationnales ont sautées sur l'occasion pour se faire du beurre! Mettez-en plus monsieur,vous verrez les rendements vont exploser qu'il disaient! Alors arreter de prendre les agriculteurs pour cible et defoulez vous sur nos dirigeants et sur ces multi-nationnales qui nous gouvernes! Encore une chose monsieur Yann Arthus-Bertrand,sur un étalage vous avez deux cagettes de pomme. La premiere contient des pommes parfaites (forme régulière,pas de taches,peau brillante,parfaite quoi)et la deuxieme des pommes de forme plus aléatoire (taches,peau mat,pas belle a voir). La quelle allez-vous prendre????? Réponse sincère souhaité! Un agriculteur de la france du bas,du très bas qui se lève tous les jours pour vous nourir! Membre du site Agriavis. |
| RICCOU |
Faut arrêter!! On dit toujours que l'agriculture pollue, nuit a l'environnement etc etc.... On en oublie souvent que les terres agricoles sont de plus en plus réduites, au profit de ces belles routes en goudron (bio?), ces centres commerciaux (naturels?)et usines (vertes?)en tout genre!! En plus, il y a chaque année plus de bouches a nourrir!! Tous les engrais appliqués de nos jours sont étudiés, dosés et répandus selon des règles strictes affin de limiter le risque de pollution. On ne voit pas ces choses là lorsqu'on habite en ville, roule en grosse berline pour 200 mètres, travaille dans des grands et beaux bureaux climatisés et partant en vacances par avion!!! Venez donc voir un jour sur le terrain ce que cela est en réalité un agriculteur, avec ses difficultés, ses doutes, ses nuits blanches par saisons....... Cesser d'essayer de faire croire a tout le monde que l'agriculture est un fléau! |
| Jean Moullart |
Yann-Arthus Bertrand, le bouffeur de kérosène Monsieur Yann-Arthus Bertrand, Combien d'agriculteurs allez-vous encore démotiver, combien d'agriculteurs allez-vous pousser au suicide par vos attaques récurrentes sur la pollution par les engrais, par les produits de protection des cultures appliqués par le monde agricole?. Je suis agriculteur et je fais mon métier du mieux que je peux. Modestement, je peux dire que je le fais bien mieux que vous ne le feriez. J'ai derrière moi un bac agricole (bac D'), un BTS agricole, un diplôme d'ingenieur en Agriculture (cours de biochimie, de génétique...qu'il a fallu avaler!!!), un certificat de spécialisation en machinisme agricole, 5 ans dans la presse écrite agricole, 10 ans de métier d'agriculteur et je devrais accepter de lire vos inepties. J'aimerais vous voir à l'oeuvre. Qu'avez-vous comme connaissances en agronomie? Qu'est-ce que la CEC? le pouvoir tampon? la capillarité? Connaissez-vous les maladies des cultures, des animaux? Etes-vous capables de me citer un ravageur du pois, du colza? Avez-vous déjà travaillé ne serait-ce qu'une journée avec vos mains? Savez-vous que nous devons remplir un Plan prévisionnel de Fertilisation azotée chaque année à la sortie de l'hiver? Et la pulvérisation bas-volumes, la protection intégrée, vous connaissez? J'en doute fortement. J'ai comme beaucoup de mes amis agriculteurs une relation privilégiée à la terre, au sol. Je crois pouvoir dire cela (vous rigolez certainement en lisant ces lignes, vous le bouffeur de kérosène et de macadam,...). La terre, c'est notre gagne-pain. Nous la connaissons, nous l'apprécions, nous l'aimons. Comment pourrions-nous la détruire comme vous le dîtes? Votre statut privilégié d'observateur et de descendant d'une famille aisée ne vous donne pas le droit de discréditer à l'envie une profession. Avez-vous réellement une conscience? J'en doute. Dommage, car j'appréciais sincèrement vos photos. Jean Moullart, agriculteur en Picardie et créateur d'Agriavis.com (un site internet agricole responsable!) |