
22/08/2008 5:14 pm
La consommation mondiale en viande a doublé en 20 ans et continue de croître. Afin de satisfaire la demande, l'élevage intensif et l'élevage extensif se sont largement démocratisés. Cette tendance a des conséquences écologiques néfastes : l'élevage est aujourd'hui responsable de 18% des émissions de gaz à effet de serre et représente une cause de déforestation et de pollution. Par ailleurs, l'élevage industriel, qu'il se destine à l'alimentation ou à l'exploitation de fourrure, pose toujours le problème de la souffrance des animaux.Entre 1990 et 2010, la consommation mondiale de viande est passée de 143 à 286 millions de tonnes. Elle a donc pratiquement doublé en 20 ans (1). Elle pourrait doubler encore d'ici à 2050. (2) La consommation croît plus particulièrement dans les pays en développement parce que leur population augmente et parce que leur régime alimentaire évolue - des populations parfois sous ou mal nourries accèdent à une alimentation plus riche. Elle atteint aujourd’hui environ 30 kg de viande par an et par habitant, contre 80 kilo dans les pays industrialisés. (3)
Dégradations environnementales
L’élevage requiert des surfaces importantes : c’est l’activité humaine qui utilise le plus de terres. Selon la FAO, les pâturages occupent 26 pour cent de la surface émergée de la terre, tandis que la production fourragère requiert environ un tiers des terres arables. (4) En particulier dans les zones arides, le surpâturage favorise l’érosion des sols.
L’élevage extensif est la principale cause de déforestation en Amérique. La FAO estime qu’entre 2005 et 2010 le couvert forestier diminuera de 1,2 million d'hectares en Amérique centrale et de 18 millions d'hectares en Amérique du Sud. D'ici 2010, respectivement 62 et 69% des terres défrichées d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale seront converties en pâturages. (5)
La protection des animaux dans les élevages
La Convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages, entrée en vigueur le 10 septembre 1978, s'applique aux animaux d'élevage, c'est-à-dire aux animaux élevés ou gardés pour la production de denrées alimentaires, de laine, de peaux, de fourrures ou à d'autres fins agricoles. Sont visés, en particulier, les animaux dans les systèmes d'élevage intensif. La protection garantie par cette Convention vise à éviter de causer à l'animal toute souffrance ou tout dommage inutile, en raison de ses conditions d'habitat, d'alimentation ou de soins. La Convention impose également le contrôle de la condition et l'état de santé des animaux, ainsi que celui des installations techniques utilisées dans les systèmes d'élevage intensif, en vue de préserver le bien-être des animaux. (1) En matière de bien-être animal, la France semble être en retard, notamment par rapport au Royaume-Uni. (2)
(1) Convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages
(2) Le Monde
Manger allégé en CO2
La production de viande exige des quantités importantes de ressources. Ainsi, pour produire un kilo de viande de bœuf, il faut environ sept kilos de céréales - deux kilos seulement pour du poulet. Et comme il faut entre 1000 et 2000 litres d’eau pour produire un kilo de blé, cela signifie qu’il faut plus de 10 000 litres d’eau pour un kilo de bœuf.
En termes d’émissions de gaz à effet de serre, un kilo de bœuf issu de l’élevage intensif équivaudrait à une trentaine de kilos d’équivalent CO2 ; presque dix fois moins pour un kilo de volaille (les chiffres varient selon les calculs). C’est pourquoi Rajendra Pachauri, président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et récent prix Nobel, invite à manger moins de viande et en particulier moins de bœuf.
La culture du soja est l’autre grande cause de déforestation en Amérique latine. Or, elle est principalement destinée à l’exportation pour nourrir les élevages intensifs occidentaux.
Toujours selon la FAO, l’élevage est une source importante de pollution de l’eau, libérant dans les cours d’eau des déchets animaux, des antibiotiques, des hormones. Les tanneries déversent des produits chimiques. Le secteur engendre aussi près des deux tiers de l'ammoniac d'origine anthropique, qui contribue aux pluies acides. Il est responsable de 18% des émissions de gaz à effet de serre, soit plus que le secteur des transports. (6)
Disparition des petits éleveurs ruraux
Le secteur de l'élevage nourrit et fait vivre un milliard de personnes dans le monde, en particulier dans les zones arides, où les animaux d'élevage sont souvent l’une des seules sources de moyens d'existence. Il représente pour de très nombreux autres des revenus complémentaires indispensables.
Mais avec le développement de l’élevage intensif dans les pays du Sud, la production de viande s’est déplacée de la campagne vers les zones urbaines et péri-urbaines. Aujourd'hui, dans le monde, 80% de la croissance du secteur de l'élevage est le fait des systèmes industriels.
Quant au pastoralisme, il est également en voie de disparition malgré le fait qu'il joue un rôle important dans certains équilibres biologiques. Il structure les paysages, aide à débroussailler les terrains et protège ainsi des incendies. En Occident, il bénéficie, quoique modestement, du tourisme vert.
Elevage intensif et souffrance animale
L’élevage intensif créé de la souffrance animale. Entassés dans des bâtiments fermés, mutilés parfois, ils connaissent des conditions de vie effroyables. Sevrés trop rapidement, les porcelets mangent la queue de leurs congénères. Afin d’éviter cela, on la leur coupe. Les poulets élevés pour leur chair, entassés dans des bâtiments surpeuplés, ne voient jamais la lumière du jour, grandissent trop rapidement, souffrent des pattes et font des arrêts cardiaques, pour ne citer que ces exemples. (7)
Elevage intensif et risques sanitaires
Des quantités importantes d’antibiotiques et d’antimicrobiens sont associés à l’alimentation des animaux vivant dans des bâtiments surpeuplés, pour les soigner, mais aussi de façon préventive, et comme facteur de croissance. Cela favorise l’apparition de microorganismes résistants aux traitements qui peuvent se propager ensuite à l’Homme et représenter un danger sanitaire. (8)
Menace sur la biodiversité
La pratique de l’élevage intensif conduit à sélectionner les races d’animaux les plus productifs. Ainsi, au cours des six dernières années, 62 races d’animaux d’élevage ont disparu, soit pratiquement une par mois. (9)
Pour répondre à la demande croissante de leur population en produits animaux, les pays en développement sont tentés de copier les pays développés en remplaçant leurs races locales par des espèces plus productives, menaçant ainsi un peu plus la diversité des races domestiques dans le monde.
Les élevages biologiques
Si l’on prend en considération les coûts engendrés par la lutte contre la pollution et les maladies développées par les animaux élevés de manière industrielle, alors un élevage biologique, qui respecte le bien-être animal, ne coûte pas forcément plus cher qu’un élevage industriel. Les animaux, en meilleure santé, ne nécessitent moins de dépenses en médicaments et ont un taux de mortalité plus faible.
La viande d’animaux élevés dans ces conditions est réputée avoir meilleur goût. En France, le label agriculture Biologique (AB) garantit aux consommateurs des produits animaux élevés dans des conditions décentes (voir fiche Alimentation).
Les animaux d’élevage non alimentaires
Les conditions de vie des animaux d’élevage non alimentaires ne sont guère meilleures que celles des animaux élevés pour leur viande. En France, par exemple, environ 90% des fourrures proviennent de l’élevage. Les 40 élevages de vison produisent chaque année environ 500 000 peaux. Les visons et les renards sont élevés dans des petites cages grillagées, alors qu’à l’état sauvage, leur territoire s’étend sur plusieurs kilomètres.
Symptômes de leur souffrance, les animaux élevés pour leur fourrure adoptent des comportements anormaux d’auto-mutilation et d’agressivité envers leurs congénères ou leur progéniture. Aux Pays-Bas, l'élevage des renards et des chinchillas pour leur fourrure a été interdit à la suite des campagnes menées par les associations de défense des animaux. Il en est de même en Suisse pour les visons. (10)
En Chine et en Asie, des animaux sont élevés pour la médecine chinoise. Ainsi, des milliers d’ours à collier, élevés dans des fermes insalubres, sont maintenus en captivité afin d’extraire leur bile. Un cathéter enfoncé dans leur vésicule biliaire, ces ours passent leur vie dans la souffrance. (11) En décembre 2006, le Parlement européen a demandé à Pékin d’interdire ce type d’élevage, mais la Chine a refusé. (12)
| Inaya |
l'antispecisme ne va pas avec le racisme ! @ranimo Votre commentaire est inutile et ridicule. D'ailleurs la Chine n'est pas le seul pays où des animaux souffrent...Donc avant de jeter la pierre aux autres, ou de vouloir leur donner des leçons de morale, regardons d'abord devant nos portes. Certains français ne mangent-ils pas des grenouilles, essentielles à l'écosystème ? Certaines françaises ne portent-elles pas de très luxueux manteaux de fourrure ? D'autres ne vont-ils pas à la chasse "pour le plaisir" ? (Quel plaisir y a t-il à tuer d'ailleurs...), N'y a t-il pas des corridas dans certaines villes du sud ? Quelle (rare) famille française ne mange pas du foie gras à Noël ? Et la liste est encore longue... Aucun pays ne peut se vanter d'être vraiment contre et d'empêcher la souffrance animale à 100%. Par contre chacun, quelque soit son origine, peut faire les efforts nécessaires, à son niveau. |
| beaujour |
un jour.... "Un jour nos petits-enfants nous demanderont : où étiez-vous pendant l’Holocauste des animaux ? Qu’avez-vous fait contre ces horribles crimes ? Nous ne serons pas capables de donner la même excuse une seconde fois, que nous ne savions pas." Dr. Helmut Kaplan |
| ommanipadmhum |
compassion et éthique universel @Ala ferme: pourquoi essayer de t'auto-convaincre que l'élevage massif de l'agro-business est nécéssairement saine? Parce que tu en retires du profits? bien sûr... Ça cogne fort du l'orgueil de se rendre compte que t encourages cette pollution sanitaire, environnementale et" "civilisationelle", cette souffrance animale...ça ferait mal à la conscience de se savoir profiter de tout ça non? he bien l'ignorance et l'exploitation de la nature et des animaux ne pourront jamais de rapporter autant que ce qu elle valent réellement. Tu connais le karma? et le karma collectif? Oui ç te reviendra, ça reviendra à tous ceux qui y participe malheureusement. Le jour vient toujours où l on récolte ce que l on sème. jusqu à quand nous allons ignorer notre statut privilégiée de mammifère sans prédateurs? Comparativement au dizaines de milliers précédent son histoire, l'humain est maintenant au sommet de la pyramide, sans avoir à se soucier d être mangé par un plus gros... Mais il continue de manger les plus petits... Prétextant qu il normal de manger d ela viande... Mais qu est ce qui rend les populations aussi aveugles?? L'habitude culturelle de manger des cadavres ??! Pour quand l'éveil devant "nous sommes ce que nous mangeons"?? Tant que l'homme tueras des êtres vivants pour manger, il tuera pour toute autre motifs de valeur égale à ses yeux, la violence et la guerre subsisteront. Tant que la compassion ne règnera pas en son coeur d'homme, tout ce "mal", cette violence, cette indifférence, cette souffrance sur notre planète continuera d exister...Tant qu'une division entre "lui" et "l'autre", "lui" et "l'environnement", 'lui" et "les animaux" existera, l'éthique de l'homme n'évoluera jamais plus que ce que l on connait jusqu ici. Nous sommes tous l'environnement, une cellule de l'organisme de la terre. Nous sommes tous responsable de cet organisme. " C'est le sort de toute vérité, avant d'avoir été reconnue comme telle, d'être tournée en ridicule ". Disait bien Albert Schweitzer, végétarien, tout comme Einstein ou Tolstoï et plusieurs autres progiges, qui pointaient bien la barbaries des animaux comme le reflet de la barbarie humaine . "Tant que les hommes massacreront les bêtes, ils s’entretueront. Celui qui sème le meurtre et la douleur ne peut en effet récolter la joie et l’amour." Pythagore (570-480 av. JC) "Quelqu’un qui s’est habitué à considérer la vie de n’importe quelle créature vivante comme sans valeur, finit par penser qu’une vie humaine ne vaut rien." Dr Albert Schweitzer "Le raisonnement justifiant la vivisection, le sacrifice de créatures que nous considérons comme des êtres "inférieurs", diffère peu de celui qui justifie le camp de concentration ou le commerce des esclaves." Prince Sadruddin Aga Khan , journal The Observer, 16 août 1981. |
| J.D. |
Diminuer sa consommation Réduire sa consommation de viande, c'est bien pour l'environement, mais c'est aussi bien meilleur pour la santé. Nous mangeons bien trop de viande pour nos besoins. Mais devenir végétarien n'est pas non-plus une solution. |
| Ala ferme |
Oui a lelevage Que de mensonges écrits, que de paroles bues par vos lecteurs vouées a votre cause... Pensez vous vraiment que les animaux en élevage sont en mauvaise santé ?pensez vous que des antibiotiques sont utilises pour le plaisir? Nos seuls antibiotiques sont en fait des vaccins pour éviter des maladies, des maladies dont les élevages bio ne peuvent se prévenir a cause du gibier sauvage errant Pensez vous que enfermer les animaux comme vous dites soient moins bien pour leur sante? Si nous investissons si massivement dans des bâtiments, avec confort comme l'isolation, le chauffage c'est parceque les animaux grandissent mieux et plus vite, donc sans maladies, et donc en mangeant moins , buvant moins. Et oui si nos animaux sont vendus plus vite en mangeant moins, les paysans que nous sommes rentabilisent mieux nos investissements. A bon entendeur |
| ranimo |
torture animale à bas les chinois! |
| carine 22 |
elevage intensif et extensif pouvez vous me repondre le plus rapidement possible c est urgent svp : jaimerais savoir ou se situe exactement les elevages extensifs et intensifs dans le monde ainsi que les grandes culture cerealieres !!! si vous connaisez un site sur lequel il y aurait une carte de l agriculture mondiale sa serait parfait ... je vous remercie REPONSE de la rédaction : tentes la FAO www.fao.org et ici http://www.goodplanet.info/goodplanet/index.php/fre/Zones/Etat-du-monde/Indicateurs tu as les terres arables et ici http://www.goodplanet.info/goodplanet/index.php/fre/Accueil2# |
| pierre |
elevage intensif 1_qu'est il fait réellement pour supprimer l'elevage intensif? au niveau national et au niveau des instances internationales? 2_quelles sont les associations de défense les plus efficaces? noms sites web? 3_par quoi peut on remplacer efficacement dans notre alimentation les protéines "animales"? nécessaires tout de même aux structures corporelles des humains? les pains de soja ou Tofu?? merci. |
| pierre |
Les produits laitiers tout aussi nocifs pour la planète Reduire sa consommation de viande, oui bien sur mais pas seulement . Pour produire des produits laitiers, il faut des vaches qui doivent forcément "enfanter" . D'où l'industrie scandaleuse des veaux et des vaches "de réforme" vite usées par des accouchements trop réguliers . L'élevage des veaux pese le plus lourd sur les gaz a effet de serre . Et les bovins de maniere generale ... |
| Alain90 |
le vegetarisme, une solution à la famine et à la pollution Au lieu d'être largement subventionnée par les gouvernements, la viande devrait être au contraire lourdement taxée afin d'encourager les consommateurs à se tourner vers une alimentation à base de fruits, de légumes, de céréales, une alimentation moins catastrophique pour la santé de la planète mais aussi pour les humains et les animaux. |
(1) Perspectives d’évolution des marchés de la viande et des produits carnés à l’échelle internationale, InnoViandes 28 février 2008
(2) FAO, Réformes dans l'agriculture
(3) Worldwatch Institute, Meat production
(4) FAO magazine, Concilier élevage et environnement
(5) FAO, Elevage extensif en Amérique latine
(6) FAO magazine, Impacts de l'élevage sur l'environnement
(7) Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF)
(8) OMS, Antimicrobiens et résistances
(9) FAO, Rome, 2007, Etat des ressources zoogénétiques
(10) FAO, Intensification et conflit éthique
(11) PMAF, Animaux tués pour leur peau